| Pays | France |
|---|---|
| Département | Eure-et-Loir |
| Nom | CHÂTEAUDUN |
| Autre appellation | BA279 « Lieutenant Marcel Beau » |
| Commune (s) | CHÂTEAUDUN |
| Coordonnées | 48°06'20" N / 1°36'55" E |
| OACI | LFOC |
| Situation | 3 km à l'est de la ville de Châteaudun |
| Utilisation | aérodrome militaire, occupations allemande et américaines WW2, puis aérodrome civil |
| Autres rubriques |

HISTORIQUE
L’histoire de la Base aérienne de Châteaudun est intimement liée au passé militaire de la ville. Situé sur un promontoire rocheux au carrefour d’axes routiers importants, la vocation militaire de la cité est indéniable. L’oppidum gaulois et les murailles du château de Jean Dunois en témoignent depuis des siècles. Sous l’Empire, deux escadrons de cavalerie stationnent à Châteaudun : le 5ème Cuirassier puis le 20ème Hussard. La ville reçoit des mains de Mac Mahon la Légion d’Honneur pour sa résistance pendant les journées d’Octobre 1870. Après les dégâts de la guerre de 1870, la municipalité effectue les démarches afin d’obtenir un régiment entier. C’est en 1872 que le conseil municipal vote un emprunt pour la construction du quartier Kellerman aidé en cela par l’Etat et le département. Le 9 mai 1878, une partie des 800 hommes du 20ème Régiment de Chasseurs prennent possession de leurs nouveaux quartiers, le reste s’installe dans l’ancienne caserne « Brack ». Le régiment restera jusqu’au 24 août 1896. En Octobre c’est le 1er Régiment de Chasseurs qui s’y installe jusqu’en 1918. Durant les années 1910, l’activité aérienne est intense dans la Beauce et de nombreux records sont battus. En avril 1911 des élèves de l’école d’Aviation de Versailles effectuent des missions de reconnaissances et Châteaudun fait partie de leurs missions. Pour la fête de l’aviation du 14 juillet 1912, les pilotes Rolland Garros, Barrier & Audemars survolent la ville et se posent devant les tribunes de l’hippodrome ou se trouve actuellement l’ancien mess Officiers. Les circuits des pionniers de l’aviation passent alors par Etampes, Chartres, Orléans, Brou et Châteaudun. Au cours de la guerre 14-18, le 1er Régiment quitte définitivement le quartier Kellerman et un bataillon de chars y est formé dans les derniers mois de 1918. Durant cette période la ville accueille plusieurs hôpitaux de l’arrière. La fin de la guerre entraine pour quelques mois la fermeture de la caserne. En 1919, des écuries et un dépôt de grains sont installés dans ses grands bâtiments. En 1933, la municipalité demande l’installation d’une garnison stable. Les événements politiques de 1936 redonneront vie au quartier Kellerman. En novembre de cette même année le 109ème régiment d’artillerie lourde, ainsi qu’une batterie du 104ème font mouvement vers Châteaudun. L’acquisition de terrains en vue d’un camp d’aviation s’effectue en 1936, soit 2 ans après la création de l’Armée de l’Air. Elle concerne des terrains pris sur l’ancien champ de manœuvre de Nivouvile. Cette nouvelle armée a déjà le souci de stocker ses matériels volants. Le premier établissement à qui cette mission échoit se trouve à Villacoublay sous la désignation MGA n°1, puis EAA. 301. C’est en 1937 que s’effectue le transfert de Villacoublay vers Châteaudun, des annexes à Cognac et à Pau sont également misent en place. Ce nouvel entrepôt de l’Armée de l’Air s’installe donc définitivement sur les 450 hectares de la plateforme, il s’étend sur les communes de Châteaudun, Jallans et Lutz en Dunois. La partie la plus importante est située sur la droite de la route Châteaudun-Orléans, la partie gauche prendra le nom de champ de course ou hippodrome avec une enclave la ferme de « Maison Neuve ». L’aire de décollage est alors une aire enherbée de 1200 m de diamètre. 8 hangars de types Chalons Bouy sont construits en 1936 et la construction de fameux hangars Poulmic commence en 1938 (3 sont prévus). En octobre 1939, 643 appareils sont stockés sur la base. Quand débute la seconde guerre mondiale en mai 40, l’EAA 301 a la même mission que l’EAA 601 aujourd’hui. A la signature de l’Armistice, Châteaudun et ses annexes auront déstocké plus de 900 appareils. L’offensive allemande débute le 10 mai 1940 et l’EAA301 constitue une cible de choix pour la Luftwaffe. Une DCA relativement dense est alors mise en place. 3 ou 4 avions sont pris dans les stocks de l’EAA 301 pour constituer une escadrille de défense. Mise en alerte, le 11 mai elle décolle avec à sa tête le Capitaine Nollet qui malgré un contact avec la base de Bricy ne verra jamais l’ennemi. 12 mai, bombardement de Châteaudun par une quinzaine de Heinkel 111, 4 MB 152 de l’Escadrille Légère de Défense décollent du camp dunois pour les intercepter. Dans le combat qui s’en suit, le Lieutenant Beau (MB 152 n° 265) tombe sous le feu de l’ennemi après avoir probablement détruit un adversaire. 19 mai nouveau bombardement, suivi le 13 juin par un ordre d’évacuation sur la base de Cognac. Suite à l’armistice, la base est occupée par l’armée allemande. Les misions des Junkers 88 alors stationnés sont de bombarder l’Angleterre. De nombreux travaux, dont certains vestiges restent encore visibles sont alors effectués. La piste en béton 05/23 (1740×80), le clocher de la commune de Lutz en Dunois est réduit pour facilité la circulation aérienne. En 1942 une piste en béton 10/28 (2240×45) est construite ainsi que des voies bétonnées circulaires accompagnées de marguerites. Une dérivation de ligne ferroviaire Orléans-Châteaudun permet la livraison sur le site de carburant ainsi que de munitions. De nombreux postes de FLACK (88 & 20mm) ceinturent la base. Une aide électronique à la navigation est également mise en place. Un banc d’essai de moteurs d’avions sera construit à Lutz en Dunois. Enfin les travaux d’une troisième piste resteront inachevés. La base accueillera successivement des unités de parachutistes sur JU 52 et des bombardiers lourds FW 200 Condor. Si le premier bombardement allié à lieu en septembre 1943, la base fait l’objet de visites régulières de chasseurs cherchant des proies. Les allemands mirent alors en place des aérodromes leurres que les alliés bombardèrent avec des bombes en béton. 1944, les bombardements s’intensifient atteignant leurs paroxysmes en avril. Les hangars sont détruits, les Poulmic 1 et 2 gravement endommagés seul un sera réparé. En juillet 44, cinq Me 262 venant de Juvincourt opèrent à partir de Châteaudun avec pour mission le bombardement de port anglais. Le 12 août 1944 les allemands font sauter l’ERGMu. Le 17 août 1944, les américains libèrent la ville. La base prend alors le nom de A39 et le 94th Troop Carrier Squadron s’installe avec ses C47. Ses appareils participeront aux grandes opérations aéroportées de la fin de la guerre, Varsity et Repulse (Bastogne).
Le 13 juin 1990 la base aérienne de Châteaudun prendra le nom de Lieutenant Beau.
Photos :
Légendes + crédits.
1 14 juillet 1912 Audemars passant devant les tribunes
2 Stèle en hommage au Lieutenant Beau à l’entrée de la Base.
3 Mars 1945 planeurs US stockés sur la piste allemande.
Dès sa création l’Armée de l’Air s’est penchée sur le problème du stockage de ses appareils dans des conditions permettant une remise en service rapide de sa flotte opérationnelle. Les pilotes de l’Escadron de Convoyage sont chargés de livrer les avions aux différentes unités. Créé en 1951, l’EAA 601, met en place cette vocation: le stockage d’avions complets. Les tensions de l’après-guerre vont faire évoluer ces méthodes et en particulier lors de l’embargo des Mirage 5 à destination d’Israël. Stocker à Châteaudun pour une durée indéterminée, Dassault et l’Armée de l’Air se voient dans l’obligation de concevoir des installations adaptées, les E.H.C. (Enceintes à Hydrométries Contrôlées). La fin de l’époque US, un redémarrage difficile. Du 4 octobre 1944 au 11 juillet 1945 la base de Châteaudun est commandée par le Colonel Charles Young et son adjoint le Colonel Parsons. En août 1945, la base évacuée est restituée aux autorités militaires françaises qui après dépollution du site entreprennent la remise en état des installations. Pendant ce temps, le « Centre des Prises en Compte et de Convoyage des Avions de Série » devient E.A.A. 601. Provisoirement basé à Bonneuil, Châteaudun lui sert d’annexe. Toujours la même année, la Section de Réception et de Convoyage des Avions de Série (S.R.C.A.S.) est intégrée au Centre de prise en charge. Les pilotes et équipages proviennent alors des personnels des groupes « Lourds » et des groupes de chasse de la seconde guerre mondiale. En 1946, l’EAA 601 est transféré à Châteauroux-La Martinerie et 6 annexes sont créés (Châteaudun, Rosières en Santerre, Rennes, Pau, Orléans-Saran & Ambérieu en Bugey). La section de convoyage est rattachée à l’EAA 601 de Châteauroux. Le dimanche 15 juin 1947, une grande fête d’aviation est organisée sur le terrain. Le 1er aout 1951 la plateforme de Châteauroux est cédée à l’état-Major de l’US Air Force Europe, et l’EAA 601 s’installe à Châteaudun avec comme annexes, Rennes (dissoute en 1953) et (Pau en 64). La montée en puissance, vers une nouvelle aire. En septembre 1951 est créé le support administratif de l’entrepôt. La période des grands travaux commence, avec une première partie du GAT 14.601 (hangar métallique de 150x30m). Des hangars type HM2 de 7200 M2 ou HM6 de 4800 M2 sont démontés à Mérignac et remontés à Châteaudun. Le 1er janvier 1954, toutes les unités stationnées sur la base sont groupées sous la dénomination Base Aérienne 279. En 1956, le bâtiment en bois construit par les allemands et servant de cantine est démoli et remplacé par un bâtiment neuf. En 1957, ce poursuit la construction des hangars du GAT avec l’adjonction de 5 cellules de 31x20m portant la surface totale à 7500m2. Les différents ateliers de fonctionnement (peinture, mécanique générale, servitudes, …) quittent le HM4 pour leurs nouveaux locaux. L’aménagement de l’entrée de la base est repensé ainsi que la voirie, le poste de garde et le bâtiment du Service Local constructeur. Le bâtiment PC (48,8×11,30m avec un étage) est mis en chantier. Une stèle en mémoire des morts en service de la base est érigée au bout de PC face au bureau du Colonel. 1964 voit la construction de la salle d’approche et du GCA, le premier juillet, il est décidé d’appliquer la nouvelle organisation de l’Armée de l’Air à la base. La base est donc composée des éléments suivants relevant : *de la direction centrale du matériel de l’Armée de l’Air : EAA601 et l’Escadron de Convoyage qui de section rattachée à l’EAA devient Escadron de Convoyage 00/70 *de la deuxième région aérienne, avec un commandant de base : les MO et les moyens classiques sont regroupés à Kellermann. En 1968 : *est implanté le CGMTAA (Centre de Gestion des Matériels Techniques de l’Armée de l’Air) chargé de contrôler, gérer et mettre en place dans toute l’Armée de l’Air les rechanges de tous les matériels techniques. * un mess mixte de 600 places est construit. 1969 : le DC3 0672 réalise la traversée de l’Atlantique sud pour un convoyage en Guadeloupe. Dans les années 70 une Alouette III explose sur le parking du HM4. 1975 : une journée porte ouverte est organisée. 1978 : les cadres célibataires quittent leurs logements de Kellermann et montent en piste dans un bâtiment neuf. La défense de la base s’intensifie avec la mise en place des bitubes de 20mm. Le 1er mai 1979, la division informatique du CGMTAA donne naissance à une nouvelle unité ; Le Centre de Programmation du Service du Matériel de l’Armée de l’Air (CPSMAA) dont la vocation est d’animer et de coordonner toute l’activité informatique du Service du Matériel de l’Armée de l’Air (SMAA). Départ des derniers Mystère IV pour Sculthorpe (GB) où ils sont ferraillés. Un C130 de l’Armée de l’Air Gabonaise stationne sur la base, il servira d’avion d’accompagnement à 4 AD4. En juin la base organise un meeting Aérien. 1980 : constitution d’une équipe de réservistes avec 2 officiers, 2 sous-officiers et 3 hommes du rang pour participer à la Coupe de Défense des Bases. L’équipe dirigée par le Lt Daniel Richard participera à celles de Châteaudun, Avord et ira même en finale nationale. La base ne cesse d’évoluer. Le nombre de ses unités a augmenté avec la création : *en 1982 de l’Equipe d’Etudes Techniques de Réparation des Dommages de Combat (EET.RDC 64.600). *en 83, la base étant une des bases les plus importantes avec tous ses avions et matériels stockés, en décembre 1984 l’Escadron de Protection quitte ses locaux vétustes à côté de la SSIS pour intégrer un nouveau bâtiment sécurisé à côté du PC base. Il prendra le nom de Major Henri Perrot. Mise en place de l’Escadron de Missiles Sol Air avec les bâtiments Crotale, des hangarettes et des 10 abris personnels. Les marguerites construites par les allemands coté ancienne gare sont rendues à la culture. En 1986 le mess mixte est rénové. 1990, arrivées pour stockage de deux DC6 de la Protection Civile. Le 13 Juin au cours d’une cérémonie de baptême, la Base prend officiellement le nom Lieutenant Beau. Mai 1993 voit le départ du dernier Nord 262 de l’EC 070 et l’arrivée du TWIN-OTTER. 1996 : arrêt de la conscription. Le 22 février le Président Chirac prend la décision de professionnaliser les armées et de suspendre le Service National. La conscription est arrêtée en 2002. C’est la fin de la caserne Kellermann. 1997 : l’Escadron de Convoyage EC 070 prend officiellement le nom de « Châteaudun ». 1999 : Meeting à la BA 279. Comme à chaque meeting organisé par la base, de nombreux fans sont venus de toute l’Europe pour voir les avions stockés, et évoluer les machines en service. Vers une baisse d’activité programmée. Dans les années 2000 un incendie va gravement endommager le Contrôle Local d’Aérodrome. Mai 2002, l’Ecole de chasse de Tours se décentralise à LFOC. Le TBM n°XG remplace de TWIN-OTTER et reçoit l’insigne de l’escadron sur son fuselage. 2004 : lors de l’exercice EMS 2004, la BA 279 accueille trois F16 de l’Armée de l’Air belge. Stationnés sur la Base de Kleine Brogel, ils appartiennent au 31éme escadron de la 10éme escadre. En juillet, le Colonel Eric Law De Lauriston de Boubers qui commande la base demande au Major Wuillemain de monter un musée sur la base. 2005, suite à leurs retraits du service, arrivés des derniers Jaguar. Le 19 décembre 2006, destruction du dernier DC8 de l’Esterel stocké sur la base. L’Ordre du jour n° 23 constitue l’acte de naissance officiel du conservatoire CANOPEE. En 2008, des Transall retirés du service arrivent d’Orléans par la route. En juillet, pendant des travaux sur la base de Tours, LFOC accueille une nouvelle fois un détachement de l’EAC. Décembre 2009, Hervé Morin ministre de la Défense confirme la pérennité de la Base, ainsi que l’arrivée d’une centaine de postes provenant d’une structure de la Base de Brétigny Sur Orge. 2012 Retrait des Mirage F1 CT 02 juin 2013 beau temps et environ 35000 spectateurs se pressent sur les parkings pour voir l’exposition statique et les présentations en vol. De nombreux avions étrangers sont venus pour le dernier meeting sur la base. Juin 2014 : cérémonie officielle de dissolution de la base, le drapeau de la 52-ème Escadre de Reconnaissance est rendu. Passage en Elément Air Rattaché à la BA 123 d’Orléans-Bricy. Devenue simple unité de la BA 123, elle n’est plus commandée que par un Lieutenant-Colonel. Les F1 CR font leurs derniers vols au cours du défilé du 14 juillet et mettent directement le cap sur l’EAA601. Transfert de l’EC 070 sur la base d’Orléans-Bricy. Le contrôle d’approche et la météo sont également transférés à la 123, la piste et la vigie restent ouverte quelques heures par semaine avec du personnel venant de Bricy. 2017, vente de 63 Mirage F1 et 150 moteurs à la société Atac, destination les Etats Unis. Quarante serviront de plastrons pour les entrainements des pilotes. Dans le même temps, l’Inde négocie avec la France la cession de 33 Jaguar. Le 07 juillet 2017 cérémonie d’hommage à Maryse Bastié et remise du fanion de l’Escadron de Convoyage. Du 17 au 21 juillet 2017, dépollution du site de Kellermann. Après deux tranches de travaux, transformation en : institut de formation de soins infirmiers, institut de formation d’aides-soignants, 90 studios pour étudiants infirmiers, un espace prévention et des services publics. La place d’armes sera transformée en jardin public et les deux bâtiments à l’entrée en salles d’expositions et évènementielles, les anciennes écuries deviennent des salles associatives. En avril, 115 élèves préparant le BIA arrivent sur la base. Certains effectuent à cette occasion le vol d’initiation prévu pour cette formation. 20 juillet 2018, annonce officielle de la fermeture de l’EAR 279 pour 2021. Retrait des derniers Mirage 2000N du service.
Sources : Ouvrage Cne Thomassin, Echo Républicain, Internet,
Photos :
Légendes + crédits. Jean Maurice Meyrault
1 La base en 1980 on remarque les alvéoles à côté de la station d’épuration.
2 1978 Brochette de Mirage Jaguar et M IV
3 1980 l’équipe de la coupe de défense des bases à Avord.
4 Le Nord 262 MA. Le convoyage possédait un deuxième 262 le MB.
5 Parking en grille au pied de la tour, les 4 derniers AD4 en attente de partance pour le Gabon.
6 78 la fin des 2 Breguet 941. 7 Juin 78 Mirage III C sur le parking du HM 4
8 L’entrée du quartier Kellermann rénové en 2020
Jean-Maurice Meyrault
