Lézignan-Corbières

PaysFrance
DépartementAude
NomLÉZIGNAN-CORBIÈRES
Autre appellationN/A
Commune(s)LÉZIGNAN-CORBIÈRES
Coordonnées43°10'30''N / 02°44'08''E
OACILFMZ
Situation4 km SO de LÉZIGNAN-CORBIÈRES
UtilisationAérodrome entre-deux-guerres, français puis allemand 2ème GM, civil actuel
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Sur fond de situation actuelle, les emprises du terrain : entre – deux – guerres en jaune et les extensions 2ème GM en rouge (Jacques Calcine, membre 2A)

Créé en 1930 , l’aérodrome est un terrain de secours tant pour l’aviation militaire que pour la circulation aérienne publique sur la ligne aérienne Bordeaux – Toulouse – Barcelone ou Italie. Il comprend à compter de 1935 une aire d’environ 900 x 600 m, balisée de nuit, équipée de deux projecteurs d’atterrissage , d’un phare aéronautique (qui existe toujours) et en 1939 une radiobalise de navigation située 3 km à l’Est (en ruines mais toujours là). L’infrastructure consiste en un hangar et un pavillon d’accueil (endommagés en 44 et reconstruits).

Le phare aérien, toujours debout (Jacques Calcine, membre 2A)

Les ruines du bâtiment du radiophare (Jacques Calcine, membre 2A)

A compter de fin décembre 1939, l’activité aérienne est particulièrement intense :
– Rassemblés sous le Groupement n°6 de Bombardement, les GB I / 31 et GB II / 31 sont déployés : Le premier provenant de Connantre le 10/12 et départ sur Roye le 13/05/40 , le second provenant de Marigny le Gd le 09/12 et départ sur Claye-Souilly le 18/05.
Equipés à l’arrivée de Bloch 210, ils sont transformés sur place sur LéO 45. Au cours d’un des vols d’entraînement, le LéO n°111 du I / 31 s’écrase au sol le 15 avril au décollage avec la mort de ses quatre membres d’équipage.
Le support est assuré par la compagnie de l’Air 122 / 105 (3 Off. / 8 Sous-Off. / 48 soldats), et l’infrastructure, sommaire, se limite à des tentes et des baraques en bois.
Le mois de juin 1940 voit la longue procession des unités de bombardement et de reconnaissance faire escale pour passer en Algérie :
– GB II / 63 (Glenn-Martin 167) du 15 au 17
– GB I / 15 et II / 15 (Farman 222) les 16 et 17
– GB II / 61 (Douglas DB 7) les 16 et 17
– GB I / 62 et II / 62 (GM 167) du 16 au 18
– GB I / 19 et II / 19 (DB 7) le 17
– GB I / 63 (GM 167) le 17
– GB I / 34 et II / 34 (Amiot 351/354) du 19 au 21
– GR I / 22 , GR I / 33 et GR I / 55 (tous trois sur Pz 63-11) les 18 et 19
– GR I / 52 (Bloch 174) les 19 et 20
Pour les groupes de bombardement et d’assaut sur Br 693, le problème est plus complexe car ils ne peuvent aller en AFN et doivent se faire réformer sur un des terrains du sud :
– GBA II / 51 du 19 au 21 (> dissout Francazal)
– GBA I / 51 du 21 au 23 (> dissout Francazal)
Seul le GBA I / 54 (avec des éléments du I / 51) obtient un « sursis » , étant affecté avec sur le terrain du 12 août 1940 au 14 novembre 1942 , avant sa dissolution de facto avec l’invasion allemande de la zone sud. A noter l’accident mortel à Narbonne , le 26 / 10 / 40 du Ltt GADY et du Sgt JOLY . Le pilote était un des survivants du raid meurtrier sur Maastricht le 12 mai.

La Luftwaffe occupe le terrain fin novembre . Aucun numéro de répertoire ne lui est attribué.

 

Décollage de Lézignan de trois DFS 230 en formation remorqués par des Do 217 (droits réservés)

Contrairement aux bases du nord de la France, les installations aéronautiques ne sont pas bétonnées, seule l’emprise est agrandie côté ouest (piste portée à 1350 m) et côté nord-est pour les infrastructures . Ses dernières comprennent désormais 8 hangars et ateliers , et 13 baraques. Curieusement , bien qu’étant un terrain opérationnel, il n’y a aucun abri ni alvéole de desserrement .
Plusieurs bataillons de Flak se succèdent pour assurer la défense antiaérienne du site , évaluée, d’après l’inventaire et l’identification des positions , à un maximum de :
– 12 sections de deux canons de 20 mm
– Deux sections de quatre canons probablement 37 mm
– Une batterie de trois canons de 88 mm à trois km à l’ouest du terrain
La protection sol est assurée par un détachement du FAR 71 (cf. Carcassonne) et/ou des unités de parachutiste (lutte anti-maquis).
Deux PC ont été construits : le premier , au nord du terrain, simplement protégé par un mur pare-éclats, le second en bordure ouest, enterré et entièrement bétonné, semble inachevé.

Le mur pare-éclats du premier PC (Jacques Calcine, membre 2A)

Le deuxième PC, enterré et bétonné (Jacques Calcine, membre 2A)

Les unités navigantes ont été successivement :
– I / NJG 2 (Ju 88C-6 de chasse de nuit) en novembre et décembre 1942
– I / LLG 1 + Stab + Sondergruppe (DFS 230 + Do 17 de remorquage) de fin mai à août 43.
L’activité est alors intense , 92 DFS et 44 Do étant notés par la Résistance le 11 août .
Sont également mentionnées des installations de montage des planeurs d’assaut DFS.
– III / KG 26 / St.8 (Ju 88A de torpillage) de novembre 43 (ou 13/02/44 ?) au 23/02/44
– II / KG 76 / St.4 (Ju 88A) du 29/02 au 20/03/44
– II / KG 100 / St.6 (Do 217K) du 15/03 au 29/05/44 (7 Do vus le 19/04 , 10 le 15/05)
– III / KG 100 / St.8 (Do 217K  ) du 04/06 à août 44 (10/08 ?)
+ St. 6 , 7 , 9 détachés de Francazal en juin / 30 Do 217 notés le 09/06

Le terrain est attaqué le 27 août 1943 par des maquisards (espagnols) , deux avions sont détruits au sol, puis mitraillé le 13 août par des appareils de la RAF qui incendient les installations. La Libération intervient le 20 août.

Sources :
– Atlas DGAC
– Guide aérien France Michelin 1935
– Dossiers SHD/Air série 2B , D , F65xx
– « Die Verbände der Deutschen Luftwaffe » (Tessin)
– Archives départementales de l’Aude via Patrick César et Sylvain LeNoach
– « Luftwaffe airfields 1935-1945 / France (Henry L. de Zeng) »
– « La Résistance Audoise » (Lucien Maury)
– « A tire d’ailes » (Roger Mayoussier)
– « Ils étaient là » (Paul Martin)