LES DEBUTS DE L’AVIATION : 1784 – 1914
Via Paul Mathevet le et le CERCLE AERONAUTIQUE LOUIS MOUILLARD (CALM) – 06/2022 (voir préambule)
9 mai 1784, à Villars les Dombes, les frères Péresse, imprimeurs et libraires à Lyon, présentent un globe aéronautique: ballon de 9 pieds 3 pouces de haut et 6 pieds 3 pouces de diamètre auquel est suspendu un réchaud en fil de fer. Le ballon est resté 16 minutes en vol.
Les précurseurs de l’aéronautique, originaires du département de l’Ain, sont :
- FABRI, Pierre, Honoré, dit Pierre MOUSNER, né le 5 ou 16 avril 1607 à Virieu le Grand. Après ses études à Lyon, il prononce ses vœux à Avignon en 1626, et fait son noviciat jusqu’en 1628. Grand initiateur de la méthode expérimentale, et s’intéresse au vol et s’efforce de restituer la fameuse colombe mécanique. Pierre Fabri se lance dans la réalisation d’une grande machine volante mue par de l’air comprimé. Ce projet ou son idée fait de lui un précurseur de l’aviation à réaction. En 1639, il revient à Lyon où il dispense des cours de physique, d’astronomie et de mathématiques. Ultérieurement, il se rendra à Rome où il décède le 16 mars 1688
- VALLET, Mathieu, né le 25 janvier 1734 à Pont de Veyle et ALBAN, Léonard, né le 6 avril 1741 à Pont de Veyle. Ces deux précurseurs de l’air conçoivent un aérostat doté d’ailes actionnées par un moulinet et d’un gouvernail. Le 24 mai 1785, ce ballon nommé ‘Comte d’Artois’, réalise son premier vol libre à Javel en banlieue parisienne. Ce premier vol sera suivi de nombreux autres au-dessus de Paris. Léonard Alban est un chimiste reconnu, on lui doit d’avoir mis au point un liquide de lavage blanchissant, décolorant et désinfectant, en l’occurrence l’eau de Javel. Léonard ALBAN s’éteint à Javel, commune d’Issy les Moulineaux, le 21 mars 1803.
- CARRA, Jean-Louis, né le 9 mars 1742 à Pont de Veyle. Jean-Louis Carra mène une vie aventureuse à travers l’Europe. Le 14 janvier 1784, il présente à l’Académie ses Sciences son ‘Essai sur la nautique aérienne, contenant l’art de diriger les ballons aérostatiques à volonté, et d’accélérer leurs courses dans les plaines de l’air’. L’Académie reçoit favorablement l’idée de ce savant connu pour ses recherches sur l’application aux aérostats de l’électricité naturelle. Ultérieurement journaliste et homme politique, Jean-Louis Carra prend part aux débats de la Révolution. Condamné à mort avec les vingt et uns députés girondins, il est guillotiné le 31 octobre 1793.
- SERPOLLET, Léon, né en 1858 à Culoz. Léon Serpollet crée, en 1881, la chaudière à vaporisation instantanée et imagine, en 1887, un tricycle à vapeur, sans doute l’ancêtre de l’automobile. Il développe une automobile à vapeur avant de concevoir un aéroplane en 1903. Il décède à Paris en 1907.
1896, dans sa jeunesse, Maurice Colliex sur un planeur de sa conception, réalise des glissades sur le plateau de Riotord dans les monts du Bugey.
1910, les frères Eugène et Maurice Morgon expériment un planeur de leur construction sur la pente de la Chagne à Bourg en Bresse, En 1912, ce planeur évoluera sur le terrain des Vennes à Bourg.
1910, voit se manifester un engouement profond pour l’aéronautique naissante, soutenu par les initiatives multiples nées à la suite des premiers envols et exploits réalisés par les pionniers au cours des années précédentes.
Le département de l’Ain ne reste pas à l’écart, et dès le courant de l’année 1909, la plaine de Bellièvre, voisine d’Ambérieu en Bugey, voit les premiers atterrissages des pilotes Mignot et Harding. Cet emplacement, d’une superficie de 180 hectares, utilisé comme champ de manœuvres et de tir par les unités de l’Armée, est idéalement situé à un kilomètre des importantes installations ferroviaires d’Ambérieu. Aussi, se crée rapidement une Société Sportive d’Ambérieu-Aviation, qui réalise la construction d’un hangar pour abriter les fragiles aéronefs de l’époque, puis des investissements plus importants nécessaires.
28 avril 1910, Monsieur B. Dufour, modeleur-mécanicien à Villeurbanne, demande à la municipalité de Loyettes de disposer des terrains communaux en friches au lieu-dit La Mière en vue de faire des ‘essais d’aviation’.
29, 30 et 31 mai 1910, une fête aérienne se tient à Ambérieu en Bugey, en vue de l’établissement des installations permanentes d’un véritable aérodrome sur le site. La Société Sportive-d’Ambérieu-Aviation demande à la Municipalité l’établissement d’un bail de 10 ans, lui permettant de «se servir exclusivement d’une partie de la plaine de Bellièvre sur 500 mètres de profondeur de l’est à l’ouest, sur toute la façade orientale à partir de la gravière». Les aviateurs Mignot et Harding, et les pilotes locaux: Eparvier, les frères Wroblewski-Salvez et Mouthier participent à cette fête.
20 et 16 octobre 1910, à Beauregard, sur les bords de Saône, Antonin Proton procèdent aux essais d’un aéroplane de sa fabrication. Le Journal de Trévoux précise: «l’aviateur n’est pas comme dans les modèles actuels encastré entre les deux ailes: le siège du pilote se trouve au-dessus des ailes dans un bâti en bois recouvert de tubes d’acier; le moteur et le réservoir le dominent».
20 octobre 1910, Monsieur Dalphin, maire de Loyettes, donne à bail, pour une durée de 3 ans, le terrain appartenant à la commune situé au lieu-dit ‘La Mière’, au sud de la plantation de pins et jusqu’au chemin de la Grange Rouge. Ce bail, dressé pour le prix annuel de un franc, est accordé à Messieurs Dufour et Eparvier.
7 janvier 1911, par une lettre adressée par Monsieur Dufour à Monsieur le Maire de Loyettes, celui-ci présente Monsieur Colomb, pilote aviateur brevet n° 310 en date du 7 décembre 1910, afin qu’il obtienne les mêmes conditions d’implantation sur le terrain de La Mière. Entre-temps, Monsieur Dufour se présente ‘constructeur d’appareils aériens’ et souhaite confier à Monsieur Colomb la création d’une école de pilotage civil et militaire.
5 février 1911, Mouthier qui avait fait l’acquisition d’un Blériot XI du type ‘traversée de la Manche’ ouvre, l’Ecole Bressanne d’Aviation au sein de laquelle il forme un nombre restreint d’élèves-pilotes.
Mai-juin 1911, participant à la course Paris-Rome-Turin, le pilote Manissero pose en catastrophe son Blériot XI en pleine campagne à la ferme-école de Romanèche.à Coligny.
Novembre 1911, Monsieur Dufour à Loyettes dispose dans ses hangars de : 2 biplans, dont un monté par Legagneux lors de la Grande Semaine de l’Aviation Lyonnaise en mai 1910, et un second pour l’école de pilotage, ainsi qu’un petit monoplan.
16 octobre 1911, Monsieur L. Demaille, Directeur de l’Ecole Pratique d’Aviation du Sud-Est à Loyettes-Aviation, informe la municipalité de Loyettes, de l’installation de son école qui dispose de quatre aéroplanes, et de l’organisation d’une fête aérienne les 11 et 12 novembre, avec la participation des aviateurs Maurice Tétard et Pierre Béard.
Au cours de ce meeting, plusieurs aviateurs essayèrent de s’élever, mais ils rouleront sur plusieurs centaines de mètres. Seul Béard, un bugiste, s’élève à 400 mètres de hauteur, traverse le Rhône, revient par Blyes et atterrit à son point de départ sous les applaudissements de la foule. Paul Mayet dans son historique ‘L’Aviation à Loyettes’, nous parle de cette époque: «Les Anciens peuvent se souvenir des pilotes instructeurs : Vallet, Fouin, Allavoine et Charpiat, qui ne partirent qu’en 1914». De nombreux constructeurs se pressent à «Loyettes-Aviation», en vue de créer leur école de pilotage : Joseph Barou, Charles Audenis, etc…
5 février 1912, la Société Aérienne de Bron fusionne avec l’Ecole Bressane d’Aviation pour créer la Société de Navigation Aérienne de Lyon-Ambérieu présidée par le Docteur Siraud. Cette société plus connue sous le nom d’ Ecole Deperdussin se développera et recevra des militaires.
7 mai 1912, Vidart réalise un vol d’Ambérieu à Nangis (Seine et Marne). Le pilote a décollé à cinq heures et quart exactement pour un raid aérien qui va le conduire jusqu’à Nangis, avec son aéroplane de type monoplan signé Déperdussin disposant d’un moteur Gnome et de bougies Oléo. L’aviateur Vidart est passé par le champ de manœuvres de la Maladière (près de Dijon), ainsi que par Troyes, faisant deux escales dont la première pour un ravitaillement.
23 juin 1912, un mécano de Thoissey, Monsieur Durnerin entreprend de vouloir faire décoller un monoplan, engin de sa fabrication, en demandant à un champion cycliste de la région, Marius Maziller, un jeune bourrelier de Saint-Didier-sur-Chalaronne, de faire tourner l’hélice de l’aéroplane en pédalant très fort, et ceci grâce à un ingénieux système de transmission. En fait, l’engin put s’élever de quinze mètres seulement au dessus du sol avant de terminer sa course au fond d’un pré dans un mur de bois empilé.
12 juillet 1912, sur le terrain d‘aviation d‘Ambérieu en Bugey, Gabriel Salvez fait prendre son baptême de l’air à un adolescent venu en voisin du château familial de Saint-Maurice-de-Remens: il s’agissait d’Antoine de Saint-Exupéry. Une stèle commémorative a été inaugurée en 2012.
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14 et 15 juillet 1912, fêtes d’aviation à Bourg en Bresse. La veille de la tragique journée d’aviation à Bourg en Bresse, Eugène Morgon est le premier Bressan à prendre un baptême de l’air. Quatre aviateurs étaient attendus aux fêtes de l’aviation de Bourg en Bresse: Louis Mouthier, Pierre Béard, Paul Rugère et Gaston Olivares. Ce 15 juillet, la chaleur est caniculaire et cause des dégâts à la voilure en bois du biplan Sommer d’Olivares. Il décide néanmoins de décoller et de voler au dessus de la ville. Soudain son avion s’incline puis dans une chute verticale s’abat vers le sol, à quelques mètres de la route de l’orphelinat de Seillon. Le corps disloqué du pilote est retiré des débris de l’avion.
A l’initiative du Comité d’Aviation de Bourg en Bresse sont organisées de nombreuses manifestations aériennes :
- 4 février 1911, fête d’aviation au lac des Echets sur la commune de Miribel avec la participation d’Albert Kimmerling.
- 5 et 6 août 1911, journées d’aviation à Divonne les Bains avec la participation de l’aviateur René Vidart.
- 6 et 7 août 1911, Oyonnax, journées d’aviation avec la participation de l’aviateur local Demaille et de Ludovic Verdier sur monoplan Guyot-Verdier. Cela n’a pas été un succès : défection d’un pilote, moteur récalcitrant d’un appareil, qui lorsqu’il consent enfin à décoller va percuter une ligne électrique. L’assistance nombreuse, manifeste son mécontentement.
- 20 et 21 août 1911, Oyonnax, journées d’aviation avec René Vidart et Charles Carabelli. René Vidart anime avec brio ces journées, effectuant notamment un vol de 17 minutes, atteignant la hauteur de 200 mètres. Demaille, un élève-pilote de Bourg en Bresse, brise son appareil au décollage
- Les 9, 10 et 11 septembre 1911, Bourg en Bresse organise son «meeting», selon la terminologie anglo-saxonne, animé par les vols de Louis Mouthier, René Vidart, d’Albert Kimmerling et Henri Berlot, venus de l’Ecole d’Aviation de Lyon-Bron. On dénombre 25.000 spectateurs
- du 17 au 29 avril 1912, Ambérieu en Bugey, inauguration des écoles civiles et militaires de pilotage, avec la participation de Louis Mouthier.
- les 13, 14 et 15 juillet 1912, à Bourg en Bresse, journées d’aviation destinées à alimenter une souscription nationale pour l’édification de hangars d’aviation. Quatre aviateurs en sont les vedettes : Louis Mouthier, Pierre Béard, un parisien Paul Guerre dit Rugère, volant sur biplan Voisin, et Gaston Olivères, pilote d’un biplan Sommer. Le 14 juillet, tout se passe bien, mais le lendemain, bien que son appareil ait été mis à mal par la chaleur torride, Olivères décolle vers 16 h 45, contourne la ville et, revenant vers le terrain, s’abat brutalement. Le pilote est tué. Le Président du Comité d’Aviation met fin au meeting qui avait enregistré 15.000 entrées payantes, chiffre considérable.
- en juillet 1912, Montrevel, fête d’aviation.
- 14 juillet 1912, Divonne les Bains, journée d’aviation avec René Vidart.
- 15 août 1912, Villars les Dombes, fête d’aviation à l’aérodrome du Gachet avec la participation de Louis Mouthier et Pierre Béard.
- 18 août 1912, Culoz, journée d’aviation avec Pierre Béard.
- 22 septembre 1912, Belley, journée d’aviation avec l’aviateur Marius Lacrouze.
Ces manifestations, de moindre importance, prouvent l’engouement des populations encore rurales pour les ‘merveilleux fous volants et leurs drôles de machines’, titre d’un film qui, une cinquantaine d’années plus tard, restituera l’ambiance de ces folles années où voler constituait un exploit.
9 avril 1913, le maire de Bourg en Bresse recevait le Secrétaire général du Comité national d’aviation militaire, il venait voir si Bourg possédait un éventuel terrain d’atterrissage pour installer une station d’avions avec hangar. Le champ des Vennes qu’il a visité a semblé l’intéresser, bordé d’un côté par la forêt de Seillon et d’un autre côté par l’Eglise de Brou, il offre également l’avantage de se trouver à proximité d’un poste de garde, mais pour que la ville devienne une station militaire il faut qu’elle possède un hangar solide en maçonnerie et enfin qu’elle soit reliée par un fil au réseau téléphonique. Ces dépenses d’installation évaluées à 20.000 francs par la Société nationale d’aviation seraient supportées en partie par elle. Le Conseil Municipal décide de suivre l’affaire.
Juin 1913, le lieutenant Bouchard qui fait partie d’une escadrille de quatre avions qui a décollé de Bron pour rejoindre le terrain de Mourmelon se voit contraint d’atterrir à proximité du château de La Goutte, près de Montanay. Le lieutenant, qui est accompagné d’un sapeur, voit son appareil prendre feu.
Juin 1913, par suite d’une panne de moteur, le lieutenant Gignoux de l’aérodrome de Bron, accompagné d’un mécanicien, se voit obligé d’atterrir.à Saint Olive.
27 octobre 1913, au Conseil municipal de Bourg en Bresse: sur le plan national une souscription a produit la somme de 6.114.846 francs, somme qui a permettra entre autre l’achat de 208 avions. Une partie de cette somme sera affectée à l’aménagement de stations d’atterrissage. Nous apprenons que Bourg va posséder l’une de ces stations, elle comprendra un terrain d’au moins 10 hectares et un hangar de 20 mètres sur 20, muni d’un téléphone et d’un logement pour gardien. On cherche aux environs de la ville un emplacement vaste et commode pour installer cette station.
5 novembre 1913, suite à ce qui a été dit le 27 octobre, le Conseil délibère sur l’opportunité et sur les conditions d’établissement au communal des Vennes d’une station d’atterrissage pour les avions. Ce terrain sera pris sur-le-champ de tir et de manœuvre de la garnison et sur le terrain concédé à la société des courses de chevaux, une parcelle de 40 m X 40 m située dans l’enclos de la société de courses sera prise pour l’édification d’un hangar.
1er mars 1914, les frères Pierre et Gabriel Wroblewski, dit Salvez, trouvent la mort, en bordure du terrain d’aviation d’Ambérieu en Bugey, lors des essais d’un avion de combat de leur conception.
Mai 1914, l’appareil du capitaine Paul Bousquet, à la suite d’une avarie de moteur, est obligé d’atterrir au hameau des Pouilleux sur la commune de Reyrieux.
8 juin 1914, les spectateurs qui se sont rendus à l’hippodrome des Vennes ont pu voir, à peu de distance de la tribune sud, un bâtiment de fruste apparence, monté en béton et auquel il ne manque plus que sa couverture. C’est le hangar d’aviation. La Ligue de Navigation Aérienne, a confié les travaux à un entrepreneur lyonnais M. Paufique. Dans quelques semaines, la ville de Bourg en Bresse prendra possession du hangar qu’elle s’est engagée à relier par téléphone et dont elle devra assurer le gardiennage.
Les premiers brevetés pilote d’avion, originaires du département de l’Ain, sont:
- VIDART, René, est né le 24 juillet 1890 à Divonne les Bains. René Vidart est le petit-fils du Docteur Paul Vidart, créateur de la station thermale locale. Au cours de ses études à Genève, il poursuit une activité physique intense: ski, bobsleigh, moto et automobile. En 1908, il s’engage pour 3 ans au 7ème Régiment de Cuirassiers, mais l’année suivante, il est réformé « pour faiblesse générale de constitution »…! René Vidart fait son premier vol à Reims, le 21 juin 1910 sur monoplan Hanriot, qui lui a été livré ce jour, et trois jours plus tard il est breveté pilote n°133, le 24 juin 1910. Il est blessé, le 14 juillet 1910, à Lille dans la chute de son appareil. Devenu pilote du constructeur Deperdussin, il se distingue dans les grandes épreuves de l’époque : 4ème dans la course Paris-Rome, 1er dans Paris-Liège; 3ème du Circuit Européen, etc…En 1911, à Ambérieu en Bugey, il crée et dirige une école de pilotage, et en 1912 à la création de la Société de navigation aérienne de Lyon et Ambérieu, il en devient le directeur et vole sur avion Deperdussin. Le 12 avril 1913, René Vidart ouvre, au quartier des Brotteaux à Lyon, un magasin d’aéroplanes et d’automobiles. Au cours de la Première Guerre mondiale, en mars 1915, il est grièvement blessé au bras, le pilotage est impossible. En 1922 il est amputé de son bras blessé. René Vidart est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1925. Dans la misère, il décède accidentellement dans sa propriété du Bourget du Lac, en novembre 1928. En août 1935, son nom est donné à l’aérodrome de Morez; une rue de Divonne porte son nom et Ambérieu baptise une allée René Vidart. Sources ; Pionnair GE de Jean-Claude Cailliez
- MOUTHIER, Louis, est né le 31 décembre 1884 à Bourg en Bresse. Louis Mouthier débute comme coureur cycliste. Avec ses gains, il se porte acquéreur d’un Blériot XI, mais il doit apprendre seul à piloter. C’est à Ambérieu en Bugey, le 21 avril 1910, qu’il parvient à décoller. Il obtient le brevet de pilote, le 9 août 1910, avec le n° 157. En février 1911, il réalise ses ambitions en créant l’Ecole Bressane d’Aviation à Ambérieu en Bugey. Il est le premier à survoler Bourg en Bresse et à s’y poser, le 24 juillet 1911. Louis Mouthier participe à une soixantaine de meetings entre 1912 et 1914. A la déclaration de guerre, il s’engage dans l’aviation militaire. Le 2 mars 1915, lors d’une mission sur les régions occupées par l’ennemi, en panne d’essence, il doit se poser. Il sera fait prisonnier, mais il tentera à plusieurs reprises de s’évader. Il attendra le 14 mai 1918, pour voir réussir son évasion vers la Suisse. Démobilisé, il devient garagiste et s’installe à Bourg en Bresse. Toutefois, il participe à l’activité de l’Aéroclub de Bourg en Bresse. Il cesse de voler en 1947. Titulaire de nombreuses distinctions, dont la Médaille de l’Aéronautique, Délégué départemental de l’Ain en 1951, Président d’Honneur des Vieilles Tiges du Groupement Joseph Dumas, Membre du Groupement Antoine de Saint Exupéry n° 3 en date du 11 septembre 1945. Louis Mouthier décède à Bourg en Bresse, le 24 mai 1970.
- TRUCHON, Lucien, né en 1887 à Chalamont. Contre le mur nord du cimetière de Chalamont, un médaillon en bronze avec cette inscription «Au Lieutenant aviateur TRUCHON, Mort pour la Patrie. Ses camarades de l’Ecole Polytechnique, Promotion 1906». Il trouve la mort le 29 juin 1911 à Bouy (Marne). Il est la 63ème victime de l’aviation et la 25ème victime française.
- GREZAUD, Pierre, Benoît, est né le 21 février 1887 à Gorrevod. Après ses études au Collège de Pont de Vaux, il se dirige vers l’Ecole Polytechnique, Promotion X 1907. Enthousiasmé par l’aviation, il est breveté à l’Ecole de pilotage Sommer à Douzy sous le n° 265, le 19 octobre 1910. Après son brevet de pilote, il s’oriente vers l’aérostation, en 1912, puisqu’il commande en second le dirigeable ‘Dupuy de Lome’, puis le ‘Capitaine Feber’. C’est à travers l’aérostation qu’il entre dans l’aéronautique militaire. D’après la presse ce l’époque: «Le dimanche 6 avril 1913, Gignoux et Grézaud partent pour un long vol d’entraînement. Ils veulent rejoindre Lyon par la vallée de la Saône jusqu’à Gray. Grézaud et son mécanicien Gabriel Marin qui avaient du faire escale à Seurre n’arrivent qu’à 15 h 45. Le Maire de Châlons sur Saône offrit le champagne et les aviateurs reprirent leur vol à 18 heures. Une heure plus tard, ils arrivent à Tournus pour passer la nuit. Le lendemain, ils repartent à 7 heures du matin pour Lyon et à 8h 20, ils atterrissent à Bron». Le capitaine Grezaud sera détaché, fin 1913, comme instructeur auprès de l’aviation impériale russe. A la déclaration de guerre en août 1914, il devient chef d’une escadrille russe et effectue des missions de reconnaissance. Il commandera l’aviation de la 2ème Armée russe Abattu au cours de l’une d’elle sur la Vistule, le 7 juin 1915, il est fait prisonnier. De retour en France, en 1919, il quitte l’Armée en 1920, et se dirige vers le secteur privé où il dirigera l’entreprise de travaux routiers Colas. Le Lieutenant-colonel de réserve Grezaud décède le 12 septembre 1953. En 2014, son petit-fils, Thomas Grézaud, chef décorateur de film, à tourné le film ‘Confession d’un enfant du siècle’ à Pont de Vaux.
- BEARD, Pierre, est né le 6 avril 1893 à Cressin-Rochefort. Après avoir terminé ses études à Belley, Pierre Béard entre, en septembre 1910, à l’école de pilotage Blériot à Etampes. Le 8 novembre 1910, il est breveté pilote avec le n° 276 : à 17 ans, c’est le plus jeune pilote de France. En 1911 et 1912, il participe à de nombreux meetings en France et en Suisse. Adolphe Pégoud, les frères Voisin et Kimmerling sont ses amis. En août 1914, il est breveté pilote militaire avec le n° 488, et se trouve affecté à l’escadrille saharienne de Tunis. Puis, il se trouve affecté au front à l’escadrille C 39 de janvier 1915 à mars 1916. Adjudant, il est affecté à l’escadrille R 91 en Orient, puis à l’escadrille de Venise en novembre 1918. Pierre Beard fait campagne jusqu’en 1927 au 37ème Régiment d’aviation au Maroc. Il est démobilisé en 1929 avec 2 500 heures de vol. Il se retire dans une île du Rhône, à proximité de son lieu de naissance. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il abrite de nombreuses personnes recherchées par la Gestapo. Médaille Militaire, Médaille de l’Aéronautique, Membre du groupement Antoine de Saint Exupéry sous le n° 10 en date du 13 mars 1946, Pierre Béard décède le 9 juin 1966, à l’âge de 73 ans. Il est inhumé au cimetière de Cressin-Rochefort.
- FRUGIER, Léon, Antoine, est né le 22 mai 1879 à Villebois. Léon Frugier, brevet de pilote sous le n° 378 du 3 février 1911 sur Henri Farman. Il aurait fait carrière dans l’armée et terminé comme Général. Membre des Vieilles Tiges en 1929, décoré de la Légion d’Honneur, il prend sa retraite en 1933 dans le Jura et assure la vice-présidence de la Société d’Emulation du Jura de 1950 à 1954.
- VITTOZ GALLET, Georges, dit Géo, est né le 14 juillet 1890 à Bourg en Bresse. Georges Vittoz-Gallet est breveté pilote sous le n°500, sur Hanriot, en date du 24 mai 1911. Il participe aux meetings de Saint Junien (Haute-Vienne) le 25 juin 1911 et à Déols (Indre) les 2 et 3 juillet 1911. Officier aviateur au 11ème Régiment d’Aviation à Metz. En 1929, il figure dans l’annuaire des Vieilles Tiges ‘Les Sorbiers’ 14 Sente de Viroflay à Chaville (Hauts de Seine).
- Evoquons maintenant la trop brève carrière de deux frères, qui, à double titre, méritent d’être qualifiés de pionniers, les frères Pierre (1886-1914) et Gabriel (1888-1914) WROBLEWSKI, dits SALVEZ. Sarthois d’origine, l’aîné fit ses études au Lycée Ampère de Lyon, puis devint ingénieur. Aidé de son frère cadet, il étudia un premier monoplan équipé d’un moteur rotatif Anzani de 30 cv. Gabriel apprit à piloter sur cet appareil, le W 1, au cours de vols d’essai effectués de juillet à septembre 1910 au Grand Camp de Lyon. Ceux-ci se terminèrent par le capotage de l’appareil, courant septembre. Cet appareil se singularisait par son mode de construction, en tubes d’acier soudés à l’autogène. A l’époque, seuls les frères Voisin utilisaient une construction métallique, qui fit d’ailleurs leur renom. Nullement découragés, ils entreprennent la construction d’un second monoplan, le W 2, à Pont de Veyle (01). C’est un biplace, propulsé d’abord par un moteur Aviatic, puis par un moteur Labor de 60 cv, entraînant une hélice en bois, de conception Salvez. L’appareil vole à 95 km/h, il est exposé au Salon de la Locomotion Aérienne au Grand Palais à Paris en Décembre 1911. Il attire l’attention des visiteurs allemands. A l’automne 1911, les deux pionniers s’installent sur le terrain d’Ambérieu, où ils entreprennent la construction du W 3 équipé d’un moteur Gnome. Il différait des types précédents par l’installation d’une béquille avant anti-capotage. Gabriel Wroblewski obtient le brevet de pilote n° 891 en date du 26 juin 1912 sur le W 2, en présence notamment de Pierre Béard. En juillet 1912, il fit prendre son baptême de l’air à un adolescent venu en voisin du château familial de Saint Maurice de Remens : il s’appelait Antoine de Saint Exupéry. Début 1913, les frères Salvez entreprennent la construction d’un monoplan blindé, à vocation militaire, équipé d’un moteur Labor de 130 cv, entraînant une hélice de conception Salvez d’un diamètre de 2,74 m. Ce W 4, biplace pouvant être armé d’une mitrailleuse Hotchkiss, effectue son premier vol, le 3 février1914, Gabriel emmenant son frère comme passager. De dimensions semblables à ses prédécesseurs (envergure de 13,5 m, longueur de 10,50 m), il est plus rapide (110 km/h) et surtout plus lourd (950 kg) du fait de son fuselage blindé à 3 mm. L’appareil retient l’attention de la Commission Aéronautique Militaire, devant laquelle il devait être présenté en vol et au sol, le 2 mars 1914. Hélas, la veille, au cours d’un ultime vol d’essai, le W 4, s’écrase au sol, tuant les deux frères Salvez. Bien qu’en matière d’aviation, une défaillance technique soit toujours possible, cette coïncidence ne manqua pas d’alimenter des rumeurs sur un possible sabotage de l’appareil, étayées par le fait que, dès juillet 1913, la famille Wroblewski avait loué une chambre à un jeune allemand qui disparut quelques jours avant la déclaration de guerre… La mort prématurée des frères Salvez demeure entourée d’un certain mystère, et priva l’aéronautique française naissante d’un authentique talent de concepteur, aux vues en avance sur son temps.
- DUTIL ou DUTHIL, Jean, est né le 23 avril 1890 à Charnoz sur Ain. Fils de Philibert, cultivateur, et de Catherine Nallet, Jean est breveté pilote sous n° 913, le 22 juin 1912, sur avion Caudron. Jean Dutil ou Duthil est décédé, le 8 septembre 1971 à Lyon 8ème.
- LAMORET, Claude, Joseph, Marie, Victor, né le 31 mars 1879 à La Boisse. Claude Lamoret est breveté pilote n° 952 du 25 juillet 1912 sur avion Deperdussin. Le capitaine Lamoret décède en Tunisie, le 10 août 1918, des suites de blessures lors d’un accident aérien. D’après la presse de l’époque: « En 1916, la situation politique en Tripolitaine (actuelle Lybie) cause de plus vives inquiétudes. Le pays est théoriquement une colonie italienne depuis 1911, mais les indigènes Senoussis, soutenus par des agents turcs et allemands, sont entrées en rébellion. Les troupes italiennes essuient défaite sur défaite et ne contrôlent plus qu’une mince bande côtière. L’insurrection menace la frontière de la Tunisie, alors protectorat français, dont les postes-frontières du Sud sont attaqués. Paris doit envoyer des renforts et dépêche une formation aérienne, l’escadrille 301 du Sud-Tunisien, rassemblée à Lyon le 9 juillet 1916 et constituée de 6 Farman F-41, appareils dépassés sur le front français que l’on expédie sur des fronts secondaires. La formation embarque à Marseille le lendemain puis débarque à Bizerte deux jours plus tard, d’où elle gagne Tunis puis finalement part pour Gabès le 21 juillet 1916. Elle y constitue une base aérienne sur cette localité et monte ses appareils, mais le premier jour de son installation voit un accident qui blesse grièvement le sergent André Bellot (pilote) et le chef de la base, le capitaine Claude Lamoret, qui expirera de ses blessures le 10 août ».
- PIQUET, Achille, est né le 28 février 1888 à Virieu le Grand Fils d’Etienne Piquet et de Marie Girerd, Achille Piquet.s’engage le 18 avril 1906 au 133ème Régiment d’Infanterie, puis il passe dans l’Aéronautique Militaire, le 10 juin 1912. Achille Piquet est breveté pilote n° 1059 du 6 octobre 1912 sur avion Nieuport et affecté à l’escadrille N 12. L’adjudant chef Piquet décède à l’hôpital de Metz, le 3 décembre 1918, des suites d’une maladie contactée en service (probablement la grippe espagnole).
- de BONNEFOY, Robert, est né le 29 octobre 1894 au château d’Hauterive sur la commune de Saint Jean le Vieux. Engagé au 8ème Régiment de Cuirassiers en 1913, Robert de Bonnefoy est breveté pilote civil n° 1204 en date du 10 janvier 1913 sur avion Deperdussin. Au cours de la Première Guerre mondiale, il passe dans l’aviation en décembre 1914, brevet pilote militaire n° 1016, le 31 mai 1915 et affecté à l’escadrille VB 101. Il passe de l’aviation de bombardement à la chasse dans l’escadrille N 65. Du 2 juillet 1916 au 4 novembre 1918, il remporte 6 victoires. Citation :« Pilote de grande valeur. A manifesté, aux cours des bombardements nombreux et périlleux auquel il a pris part, une ardeur, un entrain et un courage exceptionnel. A eu son appareil souvent atteint par des projectiles ennemis. » Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de guerre avec 8 palmes, il fait carrière dans l’armée. Le sous-lieutenant Robert de Bonnefoy décède par hydrocution, le 27 septembre 1946. Il repose dans le cimetière de Saint Jean le Vieux.
- DUMAS, Joseph, est né le 24 juin 1890 à Sathonay (Ain), commune rattachée en 1968 au département du Rhône. En 1912, Joseph Dumas créé à Antibes une Ecole de pilotage avec les frères Garbero. Il est titulaire du brevet de pilote n°1599 en date du 6 février 1914 et du brevet militaire numéro 577 le 2 août 1914. Affecté dans l’aviation militaire, il termine la Première Guerre mondiale avec galons et lauriers. De retour à la vie civile, il passe ses loisirs au sein de l’Aéroclub du Rhône et participe à quelques manifestations aériennes, tout en poursuivant des vols d’entraînement militaires. Joseph Dumas comptait 2.000 heures de vols lorsqu’il trouve la mort, le 15 août 1938, après avoir décollé de l’aérodrome de Genève-Cointrin. Il sera inhumé au cimetière de Lyon-La Guillotière, puis ré-inhumé au cimetière de Chasselay (Rhône) en avril 1973. En 1951, son nom a été donné à la Section des Vieilles Tiges de la Région Rhône-Alpes, membre n°2 du Groupement national des Vieilles Tiges.
- Paul MAYET dans son historique ‘L’Aviation à Loyettes’ cite:«Les gamins de l’époque s’extasiaient devant les aéroplanes Voisin à hélice en arrière du pilote, les Caudron, les Nieuport et les Blériot. Ils n’allaient pas vite ces ‘zincs’, mais quelles acrobaties, ils permettaient aux casse-cou comme MONEGO, DEVILLERS, BLEUZE et d’autres. DEVILLERS se payait même le luxe de chasser les perdrix en faisant du rase-mottes. Souvent du bois cassé, pas d’accidents graves. Sauf quand l’appareil de DEVILLERS tomba dans le Rhône, à la hauteur de la ferme de Grange-Rouge. Le moniteur se sauva à la nage, mais l’élève paniqué se noya»
3 août 1914, début de la Première Guerre mondiale appelée communément la ‘Grande Guerre’.
