Villacoublay : bombardements de 1943-1944

Historique des bombardements de Villacoublay  (source : SSBAIF/BA107)

 

1 – Comptes-rendus des différents bombardements établis par l’administration

Dans son rapport du 3 juin 1940, le Colonel de Prémorel, commandant la Base Aérienne à l’époque rapporte: « Vagues successives de bombardiers à haute altitude, environ 200 bombes larguées (500 kg, 200 kg légères et incendiaires) : 9 tués, 26 blessés, 5 avions détruits, 10 endommagés, aucun hangar détruit, 2 très endommagés, 70 trous sur l’aire d’envol ». Ce bombardement s’est déroulé entre 13h35 et 14h10.

C’est le 3 mars 1942 que l’offensive aérienne anglaise débute par le bombardement des usines Renault à Billancourt dans la nuit. Les conséquences sont indirectes sur Vélizy qui a été privé de gaz pendant 15 jours.

Mais  le  premier  bombardement  du  camp  de  Villacoublay  en  période  d’occupation  a  eu  lieu  le 14 juillet 1943. Le camp d’aviation constitue en effet une cible privilégiée pour l’entreprise anglaise de neutraliser l’occupant. L’opération a essentiellement touché la partie du camp vers le Petit Clamart. La ville de Vélizy n’a subi aucun dommage. Le rapport du Commissaire de Police de Chaville Marcel Barthès donne la liste des 12 victimes de ce bombardement et indique que 46 blessés ont été transportés à l’hôpital civil de Versailles, 4 d’entre elles sont décédées des suites de leurs blessures.

Le deuxième  bombardement  allié  du  camp  fut  nettement  plus  meurtrier  et dévastateur.  Le 24 août 1943, vers 18h50, le signal de danger aérien est donné par les sirènes des communes voisines. De nombreuses bombes sont tombées sur le Clos et le Village, causant des dégâts matériels très importants, 20 maisons sont complètement détruites dans le quartier du Clos et 22 au Village. Par ailleurs, 96 immeubles sont inhabitables et 106 endommagés, « 243 familles sinistrées ont dû être relogées ».

Le compte-rendu d’attaque aérienne réalisé par le Maire de l’époque, Monsieur Guérin, indique que l’objectif principal de l’attaque est la base aérienne militaire de Villacoublay-Sud, où les troupes allemandes et leurs établissements Junkers (à la place des établissements Breguet) étaient installés.

Trois vagues de bombardements de densité équivalente se sont succédées dans un laps de temps réduit (de 6 à 7 minutes). Ce sont surtout les deux derniers bombardements qui ont touché la population et le territoire civil. Chaque formation était composée de trois groupes comprenant chacun une vingtaine d’appareils. Soit au total 60 avions par vague. Ce rapport dénombre 1100 bombes explosives employées « dont plus de 400 repérées en dehors des limites de l’objectif militaire présumé ». Certaines de ces bombes de 500 kilos ont creusé « des entonnoirs de 15 mètres de diamètre et 7,50 mètres de profondeur ». L’ampleur des pertes humaines est à la hauteur des dégâts matériels : 34 personnes ont trouvé la mort et 106 blessés sont signalés.

Le camp de Villacoublay est visé et touché une troisième fois le 5 février 1944. Mais cette fois, à part une maison démolie en partie près de la Mairie, Vélizy fut épargné. L’alerte a été donnée à 12h12 : pendant 5 minutes, se sont succédées 5 vagues d’une vingtaine d’avions chacune. Comme pour le bombardement du 24 août 1943, il n’est pas possible d’estimer l’ampleur des dégâts matériels causés sur le territoire du camp, son accès étant interdit. Cependant le compte-rendu d’attaque aérienne estime à environ 1200 la quantité de bombes lancées au cours de ce bombardement. La Route Nationale 186 a souffert dans sa partie comprise entre le hameau de Villacoublay et celui de Vélizy. Aucune victime civile n’est à dénombrer sur le territoire communal à l’extérieur du camp. En revanche sur le camp lui­ même, ce bombardement a fait 6 victimes.

Le 20 mai suivant, la base aérienne est à nouveau l’objectif des alliés. Entre 9h50 et 10h30, 6 vagues de 10 appareils ont lancé des bombes explosives et incendiaires équivalentes aux bombardements précédents. Seules deux maisons ont été touchées dans l’agglomération du Clos, mais il n’y a eu aucune victime. Comme lors du précédent bombardement, la Route Nationale 186 a été endommagée.

15 jours plus tard, le 4 juin 1944, Vélizy est le théâtre d’un incident malheureux. Un avion allié est touché par la DCA (Défense Contre les Aéronefs) ennemie alors que l’alerte terminait cinq minutes plus tôt. Les bombes qui sont tombées provenaient du déchargement des bombes de cet avion. « Suivant une trajectoire partant des Metz jusque dans le bois touchant le fond du Clos », l’une de ces bombes est tombée rue Montaigne causant la mort du propriétaire de l’immeuble. Le camp de Villacoublay, lui, n’a pas été touché.

Le 25 juin 1944, la base aérienne de Villacoublay est à nouveau l’objectif des alliés. À partir de 19h 10, heure à laquelle l’alerte est donnée, 5 vagues d’une douzaine d’avions se sont succédées. Des bombes sont tombées sur les agglomérations du Clos et du Village détruisant 6 maisons, en endommageant 47 autres et touchant l’école Ferdinand Buisson.

Après qu’un avion allié de la deuxième vague soit abattu par la D.C.A. une grande quantité de bombes est tombée dans les Bois. Cela s’explique par une confusion par les aviateurs sur la cible à atteindre : trompés par le foyer d’incendie provenant de l’avion abattu, ils se crurent au-dessus de l’objectif. Cependant il n’y a eu aucune victime.

Enfin, le dernier bombardement subit par Vélizy est celui du 11 août 1944. C’est encore une fois le camp de Villacoublay qui est visé et qui fut sévèrement touché. Néanmoins, des bombes sont tombées sur le quartier de l’Ursine détruisant quelques immeubles mais ne causant pas de victimes.

 

2 – Compte-rendus de missions des groupes de bombardement  (en cours)

 

Eight Air Force

  • Wednesday, 14 July 43  : (Eight Air Force) – VII Bomber Command Mission number 73 : 3 targets are struck in France, i.e. : 111 B-17s and 5 YB-40s are clispatched against the aircraft works at Villacoublay. 101 hit the target at 0811-0815 hours. They claim 15-7-16 Luftwaffe aircraft. 3 B-17s are lost and 67 damaged. Casualties are 1 KIA, 3 WIA and 21 MIA.
  • Tuesday, 24 August 43 : Strategic Operation (Eight Air Force): VII Bomber Command Mission number 86 Part I. An Air Depot and Airfields in France are targetted : 110 B-17s are dispatched the Villacoublay Air Depot. 86 hit the target at 18:00-18:05 hours. They claim 1-0-1 Luftwaffe aircraft. 64 aircraft are damaged

92nd Bombardment group

  • 26 June 1943 : Villacoublay : air depot 
  • 29 June 1943 : Villacoublay : air base,  bombs not dropped / clouds 
  • 14 July 1943 : Villacoublay : air base, 2 casualties
  • 24 August 1943 : Villacoublay : Fw 190 assembly plant

100th Bombardment group

  • 05/02/44 : Villacoublay : Mission number : 68 Bomb result : GOOD
  • Villacoublay, France. Villacoublay is an airfield southwest of Paris about 4 miles. The flak there is still big and black but we didn’t get hit. Warren flew copilot this time. We put our first mission on « 537 ». It sure is a good ship but once the tail gets down and the airspeed hits 145 all hell and high water can’t pick it back up. These electronic superchargers sure as well. We led 3rd element of HI SQ but we finally filled in right wing second element. Sure had a time altogether, one of those 145 deals. Think we hit the target pretty fair. It was the secondary target we hit as the primary was completely covered by clouds. Quite a tour we had we flew all over France. The fighter cover was really good. Carried 12×500 and 700 gals in the tokyos. We had quite a bit of extra gas as our gas gauge was out. Target: Romilly-sur-Seine Airfield.
  • 11/08/44 : Villacoublay : Mission number : 179 Bomb result: EXCELLENT

101st Bombardment group

  • 14 july 1943 : 1st heavy bombardment wing 101 of B-17s attack Villacoublay airdrome with 232 tons of bomb (5 YB-40s dispatched). 2 B-17s lost, 68 damaged, one damaged plane ditched in the channel.
  • 26 June 1943 : 1st heavy bombardment wing 123 B-17s assigned to attack Villacoublay airdrome. Only 17 attack aircraft industry plant at Villacoublay or Poissy Airdrome, secondary target.

379th Bombardment group

  • 26/06/43
  • 14/07/43
  • 24/08/43

390th Bombardment group

  • 05/02/44 : Mission 53 : Marshalling yard 190×500 lbs incendiaries 10×500 lbs general purpose

398th Bombardment group

Airlin Mission No.2

Date – May 20, 1944
Assigned target – repair Depot, Villacoublay Airfield, Paris, France Targets Attacked – As briefed
Results – Good
Aircraft Number – 7132-V
Bomb Joad – 42 – 100 lb. lncendiary
Position in formation – Deputy Group Lead, Lead ofHigh Sqdn, High Group Time – 6 hrs
Altitude over Target – 21,000 ft Casualties – None
Damage – Flak holes behind Co-Pilot’s seat. Minor Losses – None

401st Bombardment group

Mission number :71
Date : Saturday, 20 may 1944
Group Air Commander: Lt. Col.AC. Brooks Crews briefed : 15
Target : Villacoublay Target details : Airdrome
Flying control Runway: 05
Engines : 06:30 hours Taxi: 06:45 hours
Take Off: 07:00 hours ETR: 11:47 hours
Flying Control Notes: Briefing took place at 0400 hours. Ali 15 operational aircraft were airbome by 07:15 (15 minutes after first take off). All operational aircraft had retumed by 12:24 hours
Mission debriefing
Aircraft on mission : 15

Aircraft lost : Over continent : 0 Other: 0
Mission summary : Because of heavy cloud over, the Group was unable to bomb the primary target, located in France. The 401st aircraft were part of a force of 73 heavy bombers that were able to find a visual target at Villacoublay Airdrome and place 192 tons of bombs on target, a center for maintenance and repair of Lutwaffe aircraft. At the traget the flak was moderate to intense and very accurate. However, the 401st did not suffer any losses. No enemy aircraft were sighted.

 

à suivre

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