Pouppeville

PaysFrance
DépartementManche
NomPOUPPEVILLE
Autre appellation ELS 1
Commune (s)POUPPEVILLE
Coordonnées49° 23' 07'' N / 01° 11' 58'' W
OACIN/A
SituationDerrière la plage de Utah à la base de la côte Est du Cotentin.
UtilisationAérodrome américain 2eme GM

Précisions succinctes apportées par François Robinard, extrait de son livre « 50 aérodromes pour une victoire » – page 30 – (voir ci dessous) avec son aimable autorisation :

Classification dans les ALG « Advanced Landing Ground », pouvant être traduit en français par « Aérodromes de l’avant » dont l’aménagement, au plus prés de la ligne de front, pouvait apporter rapidement un soutien aux troupes engagées.
ALG B : Terrains Anglais – ALG A : Terrains Américains

Il s’agit ici d’un ELS « Emergency Landing Strip » (Bande d’atterrissage d’urgence)
Codification ELS 1

Construction par le 819th EAB

Date de début de la construction : 6 juin 1944

Date de mise en service opérationnelle : 6 juin 1944

Fin d’activité opérationnelle : 4 septembre 1944

Unités présentes sur le terrain :

  • 85th Group, 21st Base defence Sector
  • 13th Field Hospital
  • 2062nd Engineer Aviation Fire Fighting Platoon (EAFFP)

Localisation du terrain (Coll François Robinard)

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HISTORIQUE

Les Emergency Landing Strips ( E.L.S.)

Les plans prévoyaient aussi bien du côté américain que du côté anglo-canadien, la construction dès le Jour J sur le terrain conquis de pistes d’atterrissage ayant pour nom E.L.S. pour Emergency Landing Strips, bandes d’atterrissage d’urgence en herbe et terre grossièrement nivelée et compactée courtes et sommairement aménagées permettant aux avions en difficulté de pouvoir se poser, soit sur le ventre pour les avions touchés ou mécaniquement dans l’impossibilité de traverser la Manche soit d’être ravitaillés juste ce qu’il fallait en carburant et en munitions pour ceux qui venaient à en manquer pour pouvoir décoller, pour des avions plus légers, sur une piste de 600 à 700 mètres de long et 20 à 35 mètres de large et rentrer en Angleterre ou poursuivre leur mission.

A 10h50, le 6 juin soit à H + 4h20, commandée par le 1st Lt Herbert E. Moore, la 1ère escouade (squad) du 3ème peloton (platoon) de la compagnie (company) « A » du 819ème Bataillon du Génie de l’Air (819th Engineer Aviation Battalion ou 819th EAB) forte de 50 hommes est le premier élément de l’Engineer command de la 9th Air Force à prendre pied sur le Continent à Utah Beach encore sous le feu ennemi. Ils sont accueillis par un barrage d’artillerie qui force la péniche qui les transporte à abaisser sa rampe à environ 200 mètres du rivage dans une eau profonde de 1 m à 1,20 m. Un premier bulldozer Caterpillar D-7 les suit. Quelques instants plus tard, la 2ème escouade équipée d’une niveleuse (motor road grader) leur emboîte le pas. Puis la 3ème escouade les rejoint enfin avec un autre grader, un GMC et un bulldozer D-7 qui ferme la marche. Le 3ème peloton est maintenant complètement à terre, presque sauf puisqu’un seul blessé par schrapnel est à déplorer. Le lieutenant Moore lance alors une reconnaissance sur les position avancées de la 4ème D.I.U.S. tandis que les 2 autres pelotons (sections) de la Compagnie A débarquent à leur tour et, se regroupant avec le reste de la compagnie, se mettent à couvert le long des dunes.

La 4ème D.I. fait alors mouvement à l’intérieur des terres, suivie de la compagnie « A » commandée par le lieutenant avec pour objectif de détruire les points d’appui allemands. Mais une mauvaise surprise les attend. La zone où ont été parqués les engins s’avère marécageuse et ils sont enlisés. Ils ne seront dégagés que vers 18h. Pendant ce temps, les hommes du 819th EAB atteignent Pouppeville qu’ils appellent Hebert, position qui leur a été assignée pour ouvrir le premier Emergency Landing Strip (E.L.S.) à 16h.
Au sujet de cette appellation bizarre puisqu’on ne retrouve aucun lieu-dit portant ce nom dans les environs, on peut supposer que les sapeurs travaillant assez loin de toute habitation et ne sachant donner une appellation à cet endroit le baptisèrent d’après celui du commandant de la 1ère escouade débarquée, le 1st Lt Herbert E.Moore, Herbert devenant par déformation Hebert, aucune autre explication plausible n’ayant pu être retrouvée dans les archives du bataillon.
Mais le temps de dégager le matériel enlisé, les travaux ne débutent qu’à 18h. Heureusement la nature du terrain est meilleure que prévue et la bande de roulage (runway) est déclarée praticable à 21h15. Le bataillon se prépare alors pour la nuit en creusant des trous individuels (fox holes) afin de se protéger des snipers toujours présents et efficaces.
Le 819th qui venait d’entrer dans l’histoire en construisant la première piste d’atterrissage, courte certes, mais qui ne sera pas inutile, sur le Continent, était arrivé en Grande-Bretagne en Juillet 1942 et, dès son arrivée, avait été chargé de construire Andrews Field, le premier terrain pour bombardiers lourds américains en Angleterre.

Celui qu’il construisait maintenant entrait dans la catégorie, beaucoup plus réduite, des ELS. Ce n’était qu’une piste de secours mesurant 660 mètres de longueur ( 2 000 ft) pour 30 mètre de large (120 ft). Elle n’était destiné qu’aux atterrissages d’urgence, trop courte pour qu’on puisse en décoller. Par contre, contrairement à l’ELS d’Omaha, il n’était pas question d’évacuation sanitaire à partir de ce terrain, mais la construction d’A 16 dans les jours suivants, à quelques centaines de mètres, représenté sur la carte puisque situé à proximité allait permettre une implantation plus complète de l’aviation dans ce secteur.

Le bataillon reçut une Presidential Distinguished Unit Citation pour la construction du premier Airfield en Normandie sous le feu ennemi.

Photo du General Newman, commandant le Génie de l’Air de la IX ème Air Force US chargée de couvrir les opérations du Débarquement.

François ROBINARD

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Pour plus d’information, nous vous recommandons le livre de François Robinard.

ISBN 9 782840 483274 – Editions Heimdal – Commande directe possible

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