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Aérodrome de LYON - BRON (Rhône)

Les tout débuts de l’aviation eurent pour cadre, à Lyon, le lieu-dit La Poudrette (délimité en violet sur la carte ), situé au sud de l’agglomération de Villeurbanne et sur lequel un "aérodrome", au sens premier du terme, connut une brève existence.

Contenus dans toutes les directions par la structure périurbaine dans laquelle le terrain était enchâssé, ses utilisateurs choisirent rapidement, en effet, de franchir la route qui le bordait au sud pour s’établir au pied du fort de Bron, face auquel tout l’espace souhaitable était disponible en direction de l’est.

C’est sur ce second site qu’eut lieu, en mai 1910, une fête aérienne qui connut un très grand succès (au moment même où, près de Paris, Port-Aviation se relevait difficilement de sa désastreuse inondation), succès qui valut sans doute à l’aérodrome (par référence, précisément, à celui de Juvisy) d’être appelé Lyon-Aviation. Tirant également profit de cette soudaine célébrité, une Ecole lyonnaise d’aviation fut créée la même année sur les terrains militaires constituant le glacis du fort.

N’abandonnant qu’en 1912 son rôle d’observateur bienveillant des progrès de l’aviation, le ministère de la Guerre ne détacha qu’à partir de cette époque une partie de ses élèves-pilotes à l’école de Lyon. L’activité de celle-ci devint alors bien vite essentiellement militaire tandis qu’un Groupement aéronautique de deux escadrilles fut constitué en bordure du terrain. Ces deux unités quittèrent toutefois Bron pour Toul et Dijon peu avant le début des hostilités. La plate-forme fut alors utilisée par plusieurs constructeurs d’avions qui, repliés de Paris, s’étaient installés à Lyon et dans ses environs.

En 1919, un Groupement d’aviation militaire fut reconstitué à Bron. Celui-ci comportait non plus deux mais six escadrilles. Renouant avec sa vocation d’école d’aviation, l’aérodrome de Bron accueillit également un centre d’entraînement des pilotes mobilisables dont le fonctionnement fut confié à la Société France-Aviation.

Chargé alors de promouvoir l’aviation commerciale, le ministre de la Guerre décida que l’aérodrome militaire de Bron serait de ceux sur lesquels les pilotes civils appartenant aux puissances signataires de la Convention de Paris seraient autorisés à atterrir.

Lyon constituant une étape incontournable sur la route aérienne prévue devoir bifurquer à Avignon vers l’Italie et vers l’Espagne, l’aérodrome de Bron sera, dès approbation du Plan Saconney , désigné aux navigateurs aériens comme étant également une "station aérienne" du service de la Navigation aérienne.

Affirmé ainsi dès l’origine, le caractère mixte de l’aérodrome ne cessera d’être confirmé jusqu’en 1939 par son apparition sur chacune des listes publiées dans le Bulletin de la Navigation Aérienne. Entre temps, la concession de l’aéroport avait été confiée à la chambre de commerce de Lyon par décret du 22 octobre 1929 (modifié par un autre décret du 29 juillet 1931 qui introduisit l’apport par l’État d’une subvention destinée à couvrir les éventuels déficits d’exploitation pendant les cinq premières années).

Conservant une surface ouverte au trafic civil de 65 ha (aplat bleu sur le plan tandis que la partie hachurée à l’ouest couvre la zone des installations militaires) jusqu’en 1937, année où celle-ci sera majorée de 35 ha (zone hachurée à l’est), l’aérodrome sera considérablement agrandi à la veille de la guerre (240 ha couverts par un aplat orangé) de manière à pouvoir être exploité par mauvaise visibilité selon un axe S-S-O / N-N-E.

En octobre 1939, la chambre de commerce demanda au ministre de l’Air l’abandon de la gestion du port aérien pour la durée des hostilités du fait de la cessation des vols, de la décision de l’autorité militaire de fermer le buffet,… Un projet de reprise par l’État à compter du 1er janvier 1940 fut préparé mais il fut égaré pendant le repli de sorte que rien de formel n’intervint avant la Libération.

Bénéficiant de sa situation en zone non occupée, l’aménagement de l’aérodrome fut poursuivi par le gouvernement de Vichy qui acheva de le doter en 1942 d’une piste bétonnée orientée S-S-E / N-N-O de 1 100 m de longueur et formant un angle de 40° avec l’axe d'atterrissage par mauvaise visibilité (indiqué en traits mixtes sur le plan, cet axe était projeté devoir être doté ultérieurement d’une seconde piste revêtue).

Après la suppression de la zone libre, les Allemands portèrent la longueur de la piste à 1 500m (les Alliés lui donneront 300 m supplémentaires à l’aide de grilles P.S.P.) et la dotèrent naturellement d’un système de dispersion (les infrastructures allemandes sont reportées sur le plan par un tracé noir continu).

À noter encore que le ministre de l’Air fit connaître le 14 décembre 1944 aux présidents des chambres de commerce concernées – dont naturellement celle de Lyon – qu’il était dans son intention de faire reprendre par l’État la gestion des aérodromes concédés afin que, "sur les grands aéroports… le commandement puisse être exercé avec l’unité de vue et d’exécution nécessaire". On sait la suite qui (ne) fut (pas) donnée à cette intention.


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Carte IGN Série bleue et TOP 25 au 1 : 25 000
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