Atlas DGAC de Jean Sauter

L’Atlas DGAC s’intitule l’Atlas historique des terrains d’aviation de France métropolitaine 1919-1947. Les fiches et les cartes qui le composent ont été conçues au tournant des années 2000 par Jean Sauter, ingénieur général des Ponts et Chaussées.

L’auteur

Chargé en 1995 de l’inspection générale des bases aériennes du nord et de l’est de la France, l’auteur de l’Atlas s’était rendu compte que l’histoire des aérodromes créés au cours de la première moitié du XXème siècle n’était guère mieux conservée par la mémoire locale que dans les services parisiens.

Jean Sauter décida alors de recenser et d’exploiter ce que les archives de la DGAC déposées à Fontainebleau pouvaient contenir concernant les terrains qu’il lui incombait d’inspecter. D’autres sources lui permirent d’enrichir ses connaissances, comme le Bulletin de la navigation aérienne, édité par le ministère de l’Air de 1920 à 1939 et, pour les périodes plus anciennes, la revue L’Aérophile et les Aéro-guides publiés avant 1920.

Jean Sauter souhaita ensuite étendre ses recherches à la totalité de l’Hexagone et y consacra les dernières années de sa carrière, avec pour objectif l’édition d’un atlas des terrains par la DGAC.

Pourquoi l’année 1947 ?

L’échéance s’explique par la publication cette année-là d’un texte réorganisant l’ensemble du paysage aéronautique de Métropole : par arrêté du 6 février 1947, Jules Moch, ministre des Travaux publics et des Transports, avait abrogé l’agrément de tous les aérodromes publics et privés existants. En effet, beaucoup de ces terrains portaient les stigmates de la guerre et n’offraient plus des conditions techniques satisfaisantes.

L’arrêté de février 1947 classa ensuite ces mêmes aérodromes en cinq catégories : tandis que certains se voyaient rouverts à la circulation aérienne, publique ou privée, avec ou sans restrictions, d’autres étaient désormais interdits à tout trafic aérien.

C’est donc aux terrains figurant sur l’arrêté de 1947 que Jean Sauter a consacré ses recherches. Plongeant sans répit dans des archives éparses, disparates et souvent lacunaires, il a reconstitué l’histoire des terrains d’avant-guerre et figuré sur des fonds de cartes leurs emprises successives des origines jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il a ainsi construit une vision diachronique des aérodromes de la première moitié du XXème

siècle, non sans l’avoir complétée par la mention des infrastructures mises en place entre 1940 et 1945 sur de nombreux terrains par les Allemands, puis par les Alliés.

Un intérêt majeur

Dans le domaine de l’aéronautique, les historiens se sont surtout intéressés aux machines, aux pilotes et aux compagnies, beaucoup plus rarement aux moyens de la navigation aérienne et aux infrastructures au sol. Jean Sauter a réalisé sur ce dernier point une œuvre pionnière, contribution majeure à l’histoire de l’aviation.

La mission mémoire de l’aviation civile, créée en 2004 à l’inspection générale, a mis en chantier l’édition de l’Atlas après avoir, dans un souci d’exhaustivité, ajouté aux 394 terrains traités par l’auteur 84 autres terrains qui n’avaient laissé que peu de traces dans les archives mais qui figuraient bien sur l’arrêté de 1947.

L’Atlas a été publié par la DGAC en 2005 sous forme de CD Rom. Aujourd’hui, les fiches et les cartes qui en constituent la base sont reprises sur le site d’Anciens Aérodromes, et ce dans la perspective d’une diffusion la plus large possible de l’œuvre fondamentale de Jean Sauter.

Pierre Lauroua
Créateur de la mission mémoire de l’aviation civile
15 janvier 2021