Saint-Pierre-du-Mont

PaysFrance
DépartementCalvados
NomSAINT-PIERRE-DU-MONT
Autre appellationALG A-1
Commune (s)SAINT-PIERRE-DU-MONT
Coordonnées49° 23' 28'' N / 00° 57' 43'' W
OACIN/A
SituationSur la D514, à 2 km de VIERVILLE-SUR-MER en direction de GRANDCAMP (prendre le chemin à droite où se trouve une cabine téléphonique)
UtilisationAérodrome américain 2eme GM

ALG « Advanced Landing Ground », pouvant être traduit en français par « Aérodromes de l’avant » dont l’aménagement, au plus prés de la ligne de front, pouvait apporter rapidement un soutien aux troupes engagées.
ALG B : Terrains Anglais – ALG A : Terrains Américains
Codification A-1, nom de code FRY

Construction par le 834th EAB

Localisation du terrain (François Robinard)

Date de début de la construction : 9 juin 1944

Date de mise en service opérationnelle : 13 juin 1944

Fin d’activité opérationnelle : 5 septembre 1944

Unités présentes sur le terrain :

  • 366th Fighter Group 9th Air Force/IX Tactical Air Command/71st Fighter Wing
    – 389th Fighter Squadron (A6). Arrivée le 17 juin 1944. Départ le 25 août 1944 (destination : A-41 Dreux).
    – 390th Fighter Squadron (B2). Arrivée le 20 juin 1944 (infrastructures d’hébergement pas encore terminées à la date du 17 juin). Départ le 25 août 1944 (Destination : A-41 Dreux).
    – 391st Fighter Squadron (A8). Arrivée le 17 juin 1944. Départ le 25 août 1944 (Destination : A-41 Dreux).
  • 370th Fighter Group 9th Air Force/IX Tactical Air Command/71st Fighter Wing
    – 401st Fighter Squadron (9D) Présent du 24 juillet au 15 août 1944 (date du transfert vers A-19 La Vieille).
  • 225th AAA Searchlight Battalion/Batterie « C » 49th AAA Brigade/18th AAA Group puis transféré, le 1er juillet, au 17th Group avant d’être rattaché, le 30, à la 55th AAA Brigade.

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Historique

François Robinard

Les opérations du débarquement doivent leur réussite, bien sûr au courage des troupes au sol, mais aussi à l’efficacité et la puissance aérienne des assaillants. L’appui au sol nécessitait de raccourcir au maximum les distances d’intervention des avions. C’est pour cela que dès les premières journées suivant le jour J, le Génie lançait la construction d’aérodromes de campagne.

Le terrain A1 situé juste en haut de la falaise entre Omaha et Grandcamp était situé tout près de la pointe du Hoc qu’on aperçoit en bas à gauche de la photo quasiment au coeur des combats fut un terrain très fréquenté pour tous usages jusqu’en septembre 1944. La photo est prise depuis un B26 Marauder. 

(Coll. François Robinard)

Ce ne fut pas la moindre des performances techniques que de voir des avions décoller et atterrir sur le sol français dès le 7 juin. Quelques témoins, alors enfants peuvent en parler aujourd’hui, notamment du « A1 « , habituellement connu sous le nom de « St-Pierre-du-Mont ». En fait, la plus grande partie de son installation se situait sur le territoire de la commune d’Englesqueville-la-Percée à deux pas des falaises de la pointe du Hoc, haut lieu du débarquement des Rangers US sur Omaha.

Comme tous les terrains ALG alliés de la bataille de Normandie, ce sont les troupes alliées qui ont baptisé les terrains d’aviation, les autorités civiles françaises étant mises devant le fait accompli, ce qui est fort compréhensible au vu des événements. Pour celui-ci, une hypothèse sur la confusion est que sur les cartes d’état major de l’époque, l’inscription St-Pierre-du-Mont recouvre les terres utilisées, alors que celle d’Englesqueville ne s’attache qu’au bourg même.

Le témoignage rapporté ci après émane de son ancien maire, Henri Lepelletier, 23 ans en 1944, qui évoque ce voisinage : « Un travail formidable en quelques jours. C’est là que nous avons vu le bulldozer pour la première fois. Il arrivait devant un arbre, on se disait il ne va pas pouvoir l’arracher. Et puis, hop, du premier coup, l’arbre tombait ! ».

Le matériel de Construction était en place depuis le 8 au matin. A1 a été réputé construit du 9 au 13 juin. « Certains disent avoir vu des avions y circuler dès le 9, dans la soirée ». Ce qui n’est pas impossible, car encore en chantier, le terrain A1 était déjà utilisés comme terrain « RRS » (Rearming and Refueling Strip – piste de réarmement et carburant), l’installation était alors sommaire. Il n’y avait pas de temps à perdre. La technique de construction était des plus rustiques.
« Un simple nivelage sur lequel étaient fixés par des pieux, soit du grillage soit des tôles percées de trous dites PSP. Un travail extraordinaire, exécuté en quelques jours ».

Conduite d’une niveleuse avec un soldat surveillant les abords avec son fusil
Le terrain a été construit alors qu’il était encore sous le tir des snipers allemands. Ici un sapeur du génie manœuvre son grader (niveleuse) alors qu’un soldat armé surveille les alentours assis a ses côtés

(Crédit : USNA)

Pour une piste moyenne, c’étaient plus de 2 500 rouleaux de grillage et 30 000 piquets qui étaient nécessaires, une goutte d’eau dans tout le matériel débarqué. « Quelques personnes ont participé ensuite à la main d’œuvre. Mais on n’a pas pu beaucoup s’approcher ; ils se méfiaient ». L’activité est débordante : « C’était sans arrêt que les avions venaient et décollaient. Un s’est écrasé à son retour, en flammes ».

…un s’est écrasé en flammes… (crédit : USNA signals)

Car en ces jours, les Allemands sont encore tout proches et les P47 du 366ème Fighter Group commandé par le Colonel Holt participent activement à la bataille parfois très proche du terrain. Un pilote rapporte que le train à peine rentré, il fallait déjà se mettre eu position de combat.
Du coup, il n’y a pas tellement de possibilités de nouer de vrais contacts : « Certains logeaient bien dans une ferme mais la plupart étaient sous des tentes « . Ambiance intense durant un peu plus de deux mois. Entre-temps, M. Lepelletier a lui même été incorporé et, quand il revient, le A1 est silencieux. Il est abandonné depuis le 25 août. « Des sociétés sont venues tout remettre en état. Elles ont récupéré le grillage. Les propriétaires des parcelles ont pu récupérer un peu de matériel ». On sait que beaucoup de ce grillage a servi et sert toujours d’ailleurs, de clôtures dans beaucoup de fermes de la région.

Monsieur Lepelletier pose devant les deux modèles de revêtement utilisés pour les pistes ( Coll François Robinard)

Insigne du 366th Fighter Group  (Coll : François Robinard)

Le nom de code du terrain était FRY Il a servi de base pour le 366ème Fighter Group de chasseurs-bombardiers P47 « Thunderbolt » (48 avions). Il a aussi servi pour des évacuations sanitaires et pour le ravitaillement en carburant et munitions pour de nombreux autres avions, notamment des P38 Lightning dont les formes caractéristiques (double fuselage) permettaient des opérations à basse altitude sur les installations portuaires et sur la côte limitant ainsi les risques de méprise.
Dénommé A1, il a été l’œuvre du 834ème Bataillon du Génie de l’Air (de la 9ème Tactical Air Force) qui l’ a construit, aussitôt après avoir achevé celui de Saint-Laurent qui avait été d’abord prit cette appellation avant d’être rebaptisé A21. Le terrain faisant l’objet de cette étude fut construit sur l’insistance de l’état-major de la 9ème Air Force car il n’était pas prévu dans les plans initiaux (voir livre ci-dessous)

Des avions se posent … se ravitaillent et redécollent dans un nuage de poussière … 

(National Archives Records Administration)

Tandis que les travaux de pose de grillage SMT (grillage métallique à mailles carrées continuent….

(National Archives Records Administration)

Un monument est érigé à 300 m, la piste s’étendait à partir de là, vers l’ouest sur une longueur d’un peu plus de 1 500 m, dans un axe Est/Ouest. L’ensemble des installations occupait en largeur, l’espace de la route jusqu’à la falaise. Cet aérodrome a été installé sur la falaise entre la pointe du Hoc et Englesqueville la Percée

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Pour plus d’information, nous vous recommandons le livre de François Robinard.