Cretteville – Coigny

PaysFrance
DépartementManche
NomCRETTEVILLE - COIGNY
Autre appellationALG A-14
Commune (s)CRETTEVILLE - BEUZEVILLE-LA-BASTILLE - COIGNY - HOUTEVILLE
Coordonnées14° 20' 13'' N / 01° 23' 02'' W
OACIN/A
Situation(à préciser)
UtilisationAérodrome américain 2eme GM

ALG « Advanced Landing Ground », pouvant être traduit en français par « Aérodromes de l’avant » dont l’aménagement, au plus prés de la ligne de front, pouvait apporter rapidement un soutien aux troupes engagées.
ALG B : Terrains Anglais – ALG A : Terrains Américains
Codification A-14, nom de code STARDUST SPEARMINT FURROW

Construction par le 819th EAB, ensuite le 877th ABN (Airborne Battalion) fut chargé de
l’entretien de l’aérodrome.

Date de début de la construction : 23 juin 1944

Date de mise en service opérationnelle : 4 juillet 1944

Fin d’activité opérationnelle : 5 novembre 1944

Unités présentes sur le terrain :

  • 358th Fighter Group, 9th Air Force/XIX Tactical Air Command/100th Fighter Wing/Passe de la 8th Air Force à la 9th Air Force (avril 1944). Group présent du 03 juillet au 14 août 1944 puis réinstallation le 17 août 1944.
    – 565th Fighter Squadron (CH)
    – 566th Fighter Squadron (İA)
    – 567th Fighter Squadron (CP)
  • 367th Fighter Group
    – 393rd Fighter Squadron (8L), présent du 27 juillet au 14 août 1944.
  • 406th Fighter Group Group, présent du 17 août au 04 septembre 1944.
    – 512th Fighter Squadron (L3)
    – 513th Fighter Squadron (4P)
    – 514th Fighter Squadron (O7)

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Historique

François Robinard

Plan du site (François Robinard)

Le 23 juin un échelon précurseur du 819th EAB quitte A 7 dont la construction se poursuit pour se rendre sur le site prévu à Cretteville en vue de l’édification d’A 14 à 15 km au sud de Fontenay. Il commence alors les travaux de piquetage et de déblaiement en attendant les renforts d’une partie du bataillon qui arrive le lendemain (voir page 116). Les hommes du Colonel Mc Crory, tout auréolés du prestige d’avoir été le 1er bataillon du génie de l’air à avoir débarqué le jour même du D Day pour y construire l’ELS de Pouppeville sous le feu ennemi, s’apprêtent à entamer leur 4ème chantier après celui de Pouppeville puis A 6 et en même temps que A7. Tous ces chantiers s’inscrivent dans la presqu’île du Cotentin à quelques kilomètres les uns des autres ce qui facilite grandement la mobilité des différentes compagnies d’un chantier à l’autre. Si, comme pour A7, le terrain qu’ils auront à construire n’est prévu que pour une longueur de 3600 pieds (1 097 mètres), il sera prolongé, cette fois, par une partie en terre battue de 1400 pieds (425 mètres), et ils vont maintenant utiliser le matériel de pose du fameux revêtement bitumineux Hessian Mat (voir page 126) combiné au PSP et au SMT.
Le 4 juillet, soit 2 jours après A7, le terrain est déclaré opérationnel pour le 358th Fighter Group et les hommes du 819th EAB, ne le quitteront définitivement qu’à la fin du mois pour aller en construire un 5ème, à la limite de la Normandie et de la Bretagne à Pontorson dans la baie du Mont St Michel. Ce terrain, dont la construction débutera le 7 août, prendra le numéro 28, un des 3 derniers terrains américains construits en Normandie.
Pour tous ses travaux depuis le 1er jour du Débarquement, le 819 recevra une Presidential Unit Citation.

 

Arrivée des P 47 du 358th Fighter Group sur A –14.

Lorsque le 358th Fighter group s’installa à Cretteville les 3 et 4 juillet, la bataille de Normandie faisait rage et le sort des armes n’était pas encore décidé. Conformément aux directives de Montgomery du 30 juin, les américains se préparaient aux opérations contre la 7ème Armée allemande sans les secteurs sud est et ouest de Carentan en vue d’établir une ligne de front de Saint Lô à Périers qui pourrait servir de ligne de départ pour une offensive vers Coutances et Avranches. L’obstacle principal à toute avance dans ce secteur était le terrain très inhospitalier : un vaste marais, les prairies marécageuses de Gorges et les multiples canaux de drainage situés de part et d’autre de la rivière Taute divisaient le front en de multiples petits secteurs où les petits champs entourés de hautes haies plantées sur de hauts et larges talus se prêtaient admirablement au combat défensif. Ce paysage représentait exactement l’inverse de ce qu’il fallait aux forces armées américaines, fortement mécanisées, pour une avance rapide. Elles ne pouvaient développer leur pleine puissance dans cette campagne où chaque mètre, chaque champ et chaque village était le siège d’une bataille jusqu’à ce qu’un terrain plus découvert puisse permettre un mouvement plus rapide.
Le terrain conquis pour y établir A-14 était sur un plateau dominant les marais de la Douve sur le domaine qui fut autrefois celui de la famille de Francquetot de Coigny qui fournit à la France sous l’Ancien Régime, le 1er Empire et la Restauration des maréchaux et des militaires de haut rang. Le château de la famille bordait la piste construite pour les Thunderbolt et la vaste et splendide demeure, toujours existante au XXIème siècle, servit de logement aux officiers des Groups de chasse qui résidèrent, outre le 358th du 3 juillet au 14 août, il y eut également les Lightnings du 393rd Squadron du 367th Fighter Group du 27 juillet au 14 août et les Thunderbolts du 406th du 17 août au 4 septembre.

Le P 47 D 20 RA du 367th Fighter Squadron du 358th FG se met en pylône à l’atterrissage sur la piste en SMT du terrain suite des avaries dues à des éclats de Flak : roue et aile gauche criblées d’éclats (Crédit National Archives USA)

Durant leur séjour à Cretteville les P 47 du 358th côtoyèrent les P 38 Lightnings du 393rd Squadron du 367th Fighter Group arrivés sur le terrain le 27 juillet et qui le quitteront le 15 août à l’arrivée des Thunderbolt du 406th Fighter Group.

Le colonel Cecil L. Wells commandant le 358th FG devant son avion P47 D-20 « Thunderbolt » (Coll François Robinard)

Avec la ruée de la TUSA à travers la Bretagne, le XIX TAC et plus particulièrement le 303rd Wing devait se séparer du IX TAC qui continuait son travail sur la côte entre Caen et Omaha en support de la FUSA. En effet, des encombrements aériens et des conflits de trajectoire entre des formations obligées de se croiser au-dessus de terrains très proches les uns des autres amena le commandement à envoyer les unités sous la responsabilité du Général Weyland plus à l’est du Cotentin pour éviter les croisements de route entre les avions n’ayant pas les mêmes objectifs. Cet imbroglio dans la circulation aérienne entraînait des méprises aux conséquences parfois dramatiques et des retards au sol dans l’approvisionnement des groups. Il fut donc décidé d’envoyer le 406th sur le terrain de Lessay (A-20) qui comportait, lui aussi 2 pistes. Seulement, quand les premiers éléments de reconnaissance arrivèrent sur le terrain, ce fut pour constater que le plus grand désordre y régnait. Contrairement aux autres ALG, Lessay était un ancien aérodrome allemand qui avait été profondément miné et saboté après le départ des occupants des lieux.
La vie sur ce terrain s’avéra des plus agréables. La salle d’opération était nichée sous les grands arbres du parc du château de Franquetot et les 3 squadrons étaient parqués à proximité, de l’autre côté des douves qu’on pouvait traverser à pied sec. Le château était assez vaste pour loger tous les officiers et les quartiers pour les compagnies de service furent montés dans la cour d’honneur. Il faisait beau, il n’y avait pas de poussière et assez de place pour y établir commodités, bar et club des officiers qui rendirent la vie plus facile et laissa un excellent souvenir dans la mémoire du Group. Le contact avec la population civile fut des plus agréables.

Château de Franquetot (Coll François Robinard)

Plaque souvenir apposée en 1994 sur le mur d’entrée du château par les vétérans américains du 406th FG (Coll françois Robinard)

Au mois d’août, les missions dévolues au 406th fighter Group étaient caractéristiques de l’emploi de la puissance aérienne au profit de l’exploitation de la percée d’Avranches. Bombardements de Brest et de Saint-Malo. Bouclage de la poche de Falaise et missions tentant à empêcher le franchissement de la Seine par les troupes allemandes en retraite, tout en supportant continuellement la progression de la 3ème Armée US vers le Mans
C’était l’époque de la curée durant laquelle la Luftwaffe effectuait sporadiquement des actions désespérées pour tenter de desserrer l’étau qui se refermait inexorablement sur les forces allemandes à l’ouest. Le 19 août fut à cet égard, pour le Group tout entier et le 513rd Squadron en particulier , une bien triste journée. Alors qu’une mission sur Mantes-Gassicourt afin de détruire des péniches sur la Seine venait de se terminer avec succès (5 péniches détruites et plusieurs autres endommagées), et alors que les avions juste en essence et en munitions s’apprêtaient à rentrer surgirent, à une quinzaine de km au nord-est de Paris, 2 puis 4 et enfin 9 Messerschmitt 109. Menant leurs attaques habilement, échelonnés à plusieurs niveaux de vol, ils ne tardèrent pas à enregistrer plusieurs succès.
Le 4 septembre le Group se posait sur A 36 à St Léonard près du Mans

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