Centre d’Essai en Vol d’Orléans-Bricy

Evolution
1915 :
Le ministère de la guerre établit à Villacoublay la « Section des essais en vol » du service technique et industriel de l’aéronautique, premier organisme officiel chargé de contrôler la mise au point des aéronefs prototypes nationaux et d’évaluer les aéronefs étrangers.
1933 :
La « Section d’essais en vol » devient le « Centre d’Essais des Matériaux Aériens » (CEMA), et étend son champ d’activité aux moteurs et équipements aéronautiques.
1939 :
Le CEMA est transféré à Orléans Bricy.
1940 :
Le CEMA est à nouveau transféré à Toulouse Blagnac, puis à Marignane.
1944 :
En octobre, la direction technique et industrielle de l’aéronautique transforme le CEMA * en « Centre d’essais en vol » (CEV) et décide de l’implanter à Bretigny.
A Mont-de-Marsan il y avait en 1945 un  »CEAM » (Centre d’Expériences Aériennes Militaires) préalablement crée et installé à Reims en 1934.

CEV d’Orléans

Début 1937, le ministère de l’Air publia la fiche-programme A.23 portant sur un chasseur léger monoplace, dont les contours reprenaient dans ses grandes lignes le projet de l’Arsenal de l’aéronautique. Ce programme attira l’attention de plusieurs bureaux d’études :
• Caudron-Renault, spécialiste français des avions rapides de faible puissance, proposa le C.713 dérivé des avions de course dessinés par Marcel Riffard.
• Marcel Bloch dessina le MB.700, version allégée du MB.151 en cours de production.
• Le Roussel R-30 proposait une solution originale sans moyens industriels.
• La SNCAO annonçait des performances intéressantes pour son CAO.200 .
• L’Arsenal de l’aéronautique enfin proposa le VG-30 en adaptant à la fiche-programme officielle le projet présenté en 1936 au Grand Palais. deux prototypes, se trouvaient au centre des essais en vol d’Orléans-Bricy

Dewoitine
Le 3 décembre 1939, le GC I/3 est désigné pour évaluer les premiers D.520 : le Capitaine Challe dirige ainsi une escadrille d’expérimentation dès le lendemain au C.E.A.M. (Centre d’Essais des Matériels Aéronautiques) d’Orléans-Bricy. Le GC I/3 fut donc la première unité à recevoir des D.520 (fin janvier 1940) utilisés tout d’abord pour l’entraînement. C’est le Commandant Thibaudet qui ramène le premier D.520, le n°12, le 28 janvier.

Le développement des Centres d’essais s’inscrit dans la démarche de cette période où pour les acteurs du développement de l’Aéronautique il s’agissait de concevoir des machines capables
« d’aller toujours plus vite, d’être toujours plus légères et plus performantes, d’être toujours plus sûres ». Ce désir impératif d’aller dans tous les domaines toujours de l’avant s’apparente au désir olympique des athlètes, champions dans leur discipline : « citius, altius, fortius », qui allie audace, courage, ténacité et foi. L’adoption de cette devise et les efforts pour lancer l’Aéronautique sont contemporains de la fin du XIXe siècle. L’esprit d’audace et de dépassement soufflait à cette époque, il ne devait jamais faiblir. L’état, qui était lui-même dès la relance de l’effort de guerre dans la fin des années trente responsable-pilote des programmes d’armement et donc des programmes d’aéronautique militaires, avait déjà perçu la nécessité d’être éclairé dans ses choix par des moyens propres d’appréciation et de jugement et parmi ceux-ci les centres d’essais jouaient un rôle essentiel. C’est donc tout naturellement que fut prise, pour conduire la renaissance aéronautique et la mettre au niveau des autres pays, la décision de créer trois centres au sein de la Direction de l’aéronautique :

Les avions nouveaux des différents plans existans

Bourges se voit confier, en 1936, la mise au point des prototypes jusque-là réalisée à Villacoublay. L’usine de Bourges construira 45 Bloch 200 (1935), 60 Bloch 210 (1937) et 30 Bréguet 693 (1939). L’usine contribuera à l’effort de guerre en assurant le remontage et la mise au point des chasseurs Curtiss H75 commandés aux Etat-Unis…… ?
Durant cette période, la firme Hanriot réalise, comme d’ailleurs les autres constructeurs aéronautiques, un nombre impressionnant de prototypes dont bien peu connaissent la consécration de la série. D’une part, les programmes militaires varient sans cesse si bien qu’un prototype, à peine terminé de construction, ne répond déjà plus au nouveau programme, d’autre part, la science aéronautique a encore beaucoup à progresser. Ainsi, il n’est pas rare qu’un prototype n’effectue que quelques vols (voire aucun !) avant d’être abandonné au vu de ses piètres performances. A noter également que les constructeurs sont incités à construire des  »avions nouveaux » par la « politique des prototypes » voulue par Albert Caquot du Ministère de l’Air.

 

La base aérienne d’Orléans-Bricy

La BA 123 a été créée en 1933 pour accueillir une section d’essais en vol et un centre d’essais des moteurs et hélices. Après de violents bombardements en mai 1940, elle est occupée par la Luftwaffe jusqu’au 22 août 1944.

Epaves d’avions français sur la base lors de l’arrivée des Allemands (Coll Jean-Louis Roba)

Après la Libération désignée A 50 par les Alliés, les installations sont réparées par les EAB Engineer Aviation Battalion 832 th 833 th et 877th du  »IX° engineer command » pour être utilisées par l’USSAF  »IX° Air Force » du 18 septembre au 18 octobre 1944 pour la préparation de  »l’opération Varsity »(1) . Avec la Libération, les premiers éléments de l’aviation américaine prennent possession de la base et procèdent au déminage, à la destruction des appareils de la Lw et à la remise en état sommaire de la piste et des ouvrages les moins endommagés; la base réparée est devenu le foyer de nombreuses unités de combat US.

Engineer Aviation Battalion
Les EAB étaient en avance sur l’infanterie et travaillaient sous les tirs de snipers pour créer ou remettre en état les aérodromes existants : dans l’urgence, réparer et remettre en fonctionnement un des aérodromes de Paris. Les bataillons du génie ont débarqué en France le matin du jour J et étaient sur la ligne Maginot le D + 120 ayant construit sept aérodromes en cours de route. Entre D-Day (*2) et le 27 Septembre, la IX° Engineer Command a construit 98 aérodromes dans l’ ouest de la France, assez pour rendre possible le déplacement de toutes les unités opérationnelles de la 9th Air Force force de l’ Angleterre sur le continent, jusqu’en Allemagne « .

La 833th EAB compagnie A arrive à Bricy dès le 21 Août 1944 pour réparer les  »pistes Allemandes » (en béton, c’est ce qui les caractérise), le 25 août le 1er avion décolle pour une 1ère mission.
A 50 : Le 27 août, piste et taxiways sont OK pour un fort trafic aérien . La compagnie A quitte la base le 07 septembre cependant les travaux continuent jusqu’au 14 septembre avec et sous le contrôle de la 833th EAB et fin septembre le travail est presque achevé. La 832th reviendra finir les travaux et repartira le 05 octobre.
La 877th EAB aménage le terrain pour les planeurs de  »l’Opération Varsity ».
3 November 1944 HQ moves to A-41 (Dreux), Co A to A-39 (Chateaudun), Co B to A-24 (Biniville) and Co C to A-50 (Orleans/Bricy).

Notes :

ALG (Advanced Landing Ground) – A-50 Orleans/Bricy, France
Located: 47°59′15″N 001°45′38″E
Now: Orléans – Bricy Air Base (BA 123) (IATA: XCR, ICAO: LFOK)
Captured 22 August 1944 Opened: 24 August 1944 Closed: Undetermined
Runway : 7788×263, CON (07/25)
Used by:
394th Bombardment Group, 18 September – 8 October 1944
440th Troop Carrier Group, 2 November 1944 – 18 October 1945

Sources :

Journal du Loiret N°233 du jeudi 6 octobre 1938

http://aurelia.orleans.fr/wrap/img-viewer/1931_1950/452346101_1938/452346101_19381006132693/jpeg-132693/iipviewer.html?base=mets&monoid=ark:-bmo-mets-doc-132693&treq=&vcontext=mets&ns=10000002.jpg
Construction de 5 hangars légers 16 m x 60 m hauteur 4 m couverts en amiante-ciment ondulée.
Journal du Loiret N°92 du mercredi 19 avril 1939
http://aurelia.orleans.fr/wrap/img-viewer/1931_1950/452346101_1939/452346101_19390419132856/jpeg-132856/iipviewer.html?base=mets&monoid=ark:-bmo-mets-doc-132856&treq=&vcontext=mets&ns=10000003.jpg

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Varsity
http://histoire.vraiforum.com/t2733-L-op-ration-Varsity-24-mars-1945.htm
ALG : https://en.wikipedia.org/wiki/Advanced_Landing_Ground
http://www.eurosae.com/pages/comaero/Centres_et_moyens_d_essais_tome_1.pdf
http://www.clg-cousteau.ac-aix-marseille.fr/spip/sites/www.clg-cousteau/spip/IMG/pdf/HISTORIQUE_DE_DGA_Essais_en_vol.pdf
http://www.merriam-press.com/aviationengineersinmobilewarfare.aspx
https://en.wikipedia.org/wiki/Orl%C3%A9ans_%E2%80%93_Bricy_Air_Base
Dewoitine : http://ww2fighters.e-monsite.com/pages/dewoitine-d-520-2.html

(*2) A-1 : Saint-Pierre-du-Mont, Calvados (14) installé du 9 au 13 juin 1944 par le 834th Engineer Aviation Battalion (EAB). Revêtement Square-Mesh Track (SMT)  »mailles métalliques carrées » et PSP (Pierced Steel Plating)  »plaques d’acier percées »§ .Opérationnel du 13 juin au 5 septembre

Texte et recherches de J.C. Carpentier (membre 2A)

Mise en page par D. Flahaut

 

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