Aéroport International – Ángel S. Adami

(SUAA), Melilla, Montevideo, Uruguay

L’Aéroport International « Angel S. Adami(*)  » se trouve dans le quartier de Melilla, à environ 15 km au nord-ouest du centre-ville de Montevideo ; il est connu comme étant l’aéroport « de Melilla » ou « de l’aviation civile » – à ne pas confondre avec l’aéroport espagnol de Melilla en Afrique du Nord (en Amérique latine, les conquistadors espagnols ont baptisé plusieurs villes et villages nouvellement colonisés, avec les noms de leurs villes natales – exemples connus : Cartagena de Indias en Colombie, Guadalajara au Mexique, Córdoba et La Rioja en Argentine).

  L’Aéroport de Melilla a les coordonnées GPS 34°47′21″S  56°15′52″W ; sa hauteur est de 53 m au-dessus du niveau de la mer ; il dispose d’une piste en béton de 1.250 mètres orientée 01-19.

  Dans les années 90, sa capacité de stationnement était de 150 avions légers. La plateforme actuelle héberge : les services d’une compagnie de taxi aérien, celle des pompiers aériens qui possèdent plusieurs avions fumigateurs ; des écoles de pilotage, des ateliers de maintenance – de tailles et de potentiels différents -, ainsi que plusieurs fabricants d’aéronefs et de pièces pour l’aéronautique.

Gauche : vue satellite  (Google) / Droite : vue aérienne de l’aéroport

  Melilla commence par être le « champ d’aviation » de Melilla, le 24 Janvier 1920. Le premier vol à décoller de ses pistes, le 2 Juillet 1920, est le biplan Avro 504K, piloté par le britannique Charles E. Wilmont.
Depuis Octobre 1946, le terrain d’aviation a été rebaptisé « Angel S. Adami » en hommage à ce pionnier de l’aviation civile uruguayenne. À la fin de l’année 1950, l’aérodrome prend officiellement le caractère d’aéroport.
Il représente le véritable berceau de l’Aviation civile de l’Uruguay, car c’est ici que va  renaître le premier Aéro-Club du pays, que le premier aviateur civil uruguayen obtiendra son brevet, et que les premières compagnies aériennes pionnières, Américaines et Européennes, vont atterrir. C’est également ici que la première compagnie aérienne nationale (PLUNA) va voir le jour, et que le premier courrier postal aérien sera fait.

A gauche : vue aérienne de Melilla en 1926 auprès d’un Avro 504. Devant les hangars, on voit un Laté 26. A droite : Melilla en 1938. On distingue les trois monoplans à ailes surbaissées Caudron Aiglon (CX-AAX, CX-AAY et CX-AAZ), très modernes pour l’époque. Le moteur Renault Benghazi Junior du CX-AAY est conservé au Musée aéronautique de Montevideo.

  Il fut le terrain stratégique de plusieurs compagnies commerciales pionnières.
Les premiers avions français de ligne, ceux de la Compagnie Générale Aéropostale (CGA), dont le Laté 25 nº 615, se posent le 22 novembre 1927 sous la conduite de Henri Rozès.
Le dernier vol de ligne de la CGA à Melilla sera effectué par Jean Mermoz, lors d’une étape entre le Brésil et l’Argentine, le 16 août 1928 (avec un  Laté 26). À partir de cette date, la CGA déplace ses opérations à l’aérodrome de Pando (voir notice biographique de Ángel S. Adami).

  En 1929 la compagnie NYRBA (New York-Rio-Buenos Aires) effectue des vols, non réguliers, avec un trimoteur Ford baptisé « Río de la Plata ». Les vols de la PANAGRA (Pan American Grace Airways) commencent à la fin de cette année, avec un autre trimoteur Ford, le « San Cristóbal ».   La NYRBA sera absorbée un peu plus tard par la PANAGRA, pour devenir en 1944, après donc plusieurs années, la Pan American Airways.

  À la fin de 1936, les activités de la première compagnie aérienne nationale, la PLUNA (Premières Lignes Uruguayennes de Navigation Aérienne) débutent avec un biplan DH 90 Dragonfly, entièrement peint en rouge, nommé  » Currinche  » (le « churrinche » est un petit oiseau local rouge vif).

  La VARIG Brésil (Viação Aerea Rio Grandense) débute ses activités à Melilla le 5 Août 1942, avec un DH 89 Dragon Rapide.

  Melilla a accueilli plusieurs événements aéronautiques régionaux importants. Parmi les plus mémorables se trouvent : le «Revoada da Vitoria» organisée avec le Brésil le 13 mai 1945 pour célébrer la fin de la Seconde Guerre mondiale (plus de 46 aéronefs présents avec 100 pilotes et 20 parachutistes brésiliens) ; les courses aériennes appelées “Circuitos Aéreos de la República” (la première en 1946 et la seconde en 1948) ; les “Festivales Aeronáuticos” de 1949 (le premier en juin et le deuxième en octobre); la “Embajada Aérea Argentina de Confraternidad”, en décembre 1955 et en présence de 54 avions argentins (entre autre pilotes participants, Mme. Amalia Figueredo de Pietra, première aviatrice sud-américaine à être brevetée en 1914) ; plusieurs raids aériens organisés par le Centre pour l’aviation de Salto en 1975, 1976, 1977, 1989 et 1993 ; et récemment, en novembre 2013, le “Circuito Aéreo 19 Capitales” pour célébrer le centenaire de l’aviation civile uruguayenne, avec la participation de 36 avions légers Uruguayens et un Brésilien.

  De nombreux grands aviateurs ont eu l’opportunité de voler à Melilla. Les plus remarquables sont:

 Adrienne Bolland, la première aviatrice française à traverser les Andes en Avril 1921. Arrivée à Montevideo de Buenos-Aires le 24 mai dans l’un de ses deux avions Caudron type G.3, elle débute dès le lendemain de son atterrissage à Melilla une série d’exhibitions, de baptêmes et de spectacles de voltige devant une foule massive et enthousiaste. Retournée à Buenos-Aires le 10 juin, elle repart vers la France en juillet de la même année.

À droite : Adrienne Bolland et la foule réunie à Melilla pour assister à leurs vols. Dans la photo en encart, elle est avec une passagère (magazine “Mundo Uruguayo”, 9 juin 1921)

  Le 31 juillet 1930, Antoine de Saint-Exupéry atterrit à Melilla avec un Laté 28 de la CGA. Il vient de Buenos-Aires et transporte six médecins argentins à son bord. Cette visite à Melilla fut la seule et unique de “St-Ex”, et une des rares du pilote en Uruguay.

  Pierre Clostermann, alors jeune aviateur français né à Curitiba au Brésil, visite Melilla en 1941. Il est journaliste aéronautique du grand quotidien de Rio de Janeiro, le « Correio da Manhá » et est également correspondant pour le « British News Service ». L’année suivante, Clostermann retourne en Uruguay avant son voyage en Europe, où il sera volontaire, et recruté, par la Royal Air Force.

  Au deuxième Festival aéronautique, en 1949, la présence de Michel Détroyat, pilote de la haute école de voltige française, marque le public par ses acrobaties insensées, feignant même d’être ivre aux commandes d’un Taylorcraft (!), prêté pour l’occasion par l’Aéro-Club de l’Uruguay.

  Évidemment, aux aviateurs de l’épopée de l’Aéropostale – Jean Mermoz, Henri Rozès et St-Ex déjà cités – on doit ajouter Marcel Reine, Paul Antoine, Gabriel Thomas, Paul Vachet, Victor Hamm, Adrien Bédrignans, entre autres…

  Le parachutisme n’est pas oublié, avec la superbe Colette Duval au physique Grec de « Fiancée du ciel » éternel. Sculpturale, splendidement technique, la championne de France exécute une chute libre de 30 secondes électrisante pour le public, d’autant qu’elle atterrit juste devant le tout premier hangar, historique, construit à l’Aéro-Club de Melilla. Ce 8 mars 1956 est mémorable, à l’occasion de ce festival de parachutisme.

Gustavo V. Necco Carlomagno
Academia de Historia Aeronáutica del Uruguay

Sources:

“Aeropuerto “Angel S. Adami”, Melilla – 75 años de historia 1920-1995”, Juan Maruri, AHAU, 1995
“Adrienne Bolland en Montevideo, desde el 24 de mayo al 10 de junio de 1921”, Juan Maruri, Gaceta de la Aviación Nº 37, décembre 2011, pp. 8-11.
“Circuito Aéreo 19 Capitales: 28 de noviembre al 1 de diciembre”, Gaceta de la Aviación Nº 39, décembre 2013, pp. 12-13
Site Volemos: www.volemos.com.uy

 (*)  « Ángel Salvador Adami (Montevideo, 15 mai 1878 – 1er mars 1945). Journaliste de presse d’abord, il découvre l’aviation le 16 juillet 1905, grâce à un vol en montgolfière pour accompagner le survol de Montevidéo par le pilote portugais Magalhães Costa. Il fonde le Centre national de l’Aviation en 1913. Désigné en 1914, par le nouvel Aéro-Club, pour aller apprendre à piloter à Buenos-Aires, il monte la première Ecole de Pilotage Civil de l’Uruguay qui achète un biplan Farman 50 HP, construit par Edmundo Marichal à Buenos-Aires. Breveté N°51 en 1914. La guerre en Europe stoppe ses projets d’expansion, mais le 2 juillet 1920, le site « Villa Colón o Melilla » aujourd’hui « Aéroport International Ángel S. Adami » ouvre l’Ecole de Pilotage, toujours avec le soutien du Centre National de l’Aviation. En 1925, il est parallèlement directeur de l’Ecole et appui logistique pour l’entreprise française Latécoère qui deviendra l’Aéropostale. C’est avec l’Aéropostale qu’il fonde l’aérodrome de Pando, à 30 kms de Montevideo – aujourd’hui siège social de l’Ecole Militaire d’Aviation – et qu’il est chargé de missions jusqu’à la disparition de l’aéropostale et la création d’Air France. Il pilote jusqu’à sa mort, le 1er mars 1945 ». Tiré de « Précurseurs uruguayens civils et militaires de l’aviation », Juan Maruri.

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